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Archives Mensuelles: septembre 2008

Le Journal d’un remplaçant – Martin Vidberg

Martin est un jeune professeur des écoles. A la rentrée, comme nombre de ses collègues, il attend qu’un poste se libère. Il ne connaît ni son lieu d’affectation, ni le niveau qu’il va enseigner, ni son public. Il est remplaçant.
Et ce qui commence comme une critique rigolotte du statut de remplaçant dans l’Education Nationale, se transforme en autobiographie amère, critique et dénonciatrice d’un système mal foutu, le jour où Martin est nommé dans un centre de redressement pour élèves en grandes difficultés.

Des personnages en patates et des dessins ronds et enfantins, un noir et blanc clair, une écriture liée et jolie, la douceur des planches de Martin Vidberg correspond à l’amour qu’il porte à son métier, et à la tendresse avec laquelle il regarde ses élèves. Pourtant rien ne cache non plus la violence de ceux-ci, des bonhommes de même pas dix anes pour la plupart, cassés et à « redresser ». Cela ne cache pas les manques de l’Education Nationale, manque d’effectif, manque de logique, manque de tout. Cela ne cache pas les coups au moral de l’instit’ (une dénomination beaucoup moins glamour que dans la série télé), à peine ensoleillés par les (très) rares progrès de ses élèves.

En lisant Le Journal d’un remplaçant, j’ai repensé à ma minuscule propre expérience, et à ce bonhomme que j’ai « aidé » à renvoyé en SEGPA, en croisant très fort les doigts que cela marche pour lui. Cet ouvrage serait à faire lire à tous les pontes de l’Education Nationale (et e plus haut encore) qui pensent que l’Ecole est affaire de statistiques et de proportions 1 prof/25 élèves, taillant dans les effectifs pour faire des « économies »

Une réussite.

Et je ne peux m’empêcher de parler ici, puisqu’on parle du sujet, du blog de Tom et de celui de Soph’ (vous connaissez d’autres blogs de profs ? Faites passer les liens !)

 
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Publié par le 29 septembre 2008 dans lectures

 

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Le Petit Prince – Joann Sfar

Ayatollahs de la littérature respectée et conservateurs des oeuvres originales, vous qui ne supportez ni le changement d’une virgule, ni le viol de l’Histoire, passez votre chemin… (je commence fort, mais ne vous inquiétez pas si vous ne partagez pas l’avis qui va suivre, je ne vous en veux pas non plus… chacun ses goûts ^^)

L’auteur de BD Joann Sfar vient donc de revisiter l’oeuvre la plus connue d’Antoine de Saint-Exupery, soit Le Petit Prince, conte cruel et étrange qui a dû bercer bien des enfances.
Et que dire ?
Les yeux immenses du Petit Prince, déstabilisants au premier abord, sont, littéralement, le miroir de son innocence, de sa naïveté, de ses peurs et de sa tristesse. Devant nous la rose si fameuse se transforme en héritière des femmes Arts Decos, toutes en courbes, en spirales et en provocations. Les décors et les personnages prennent les traits maladroits de l’aviateur, qui transforme baobabs en choux fleurs et renard en fennec aux oreilles immenses.
Couleurs vives et dessins résolument contemporains ne trahisent pas les mots de l’écrivain, mais les mettent en valeur, dans une relecture poétique et légèrement surréaliste du conte.

Une merveille.

 
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Publié par le 26 septembre 2008 dans lectures

 

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Ghost World – Daniel Clowes

J’avais vu le film de Terry Zwigoff à sa sortie au cinéma, lors de ma grande période « seul le cinéma américain indépendant mérite mon attention » (j’ai été d’une rebellitude adolescente monstrueuse à 20 ans… Et j’ai eu une adolescence tardive aussi) Et j’ai donc eu l’occasion de découvrir le comics original de Daniel Clowes.

Or donc, Enid et Rebecca sont deux lycéennes que rien ne sépare, et qui portent sur le monde qui les entoure un regard à la fois cynique, décalé et complètement jem’enfoutiste. Ajouter à cela l’amour, la compétition, la jalousie qui donnent à leur relation le piment des plus belles amitiés, et vous btener sans doute un de meilleurs portraits de l’adolescence des filles.
Oubliez les problèmes de peau, de chaussures, de bal de fin d’année, de shopping pour faire comme maman et de compétition pour être la pom pom girl. Enid et Rebecca sont deux filles vraies, et ce n’est pas forcément très agréable.

Je regrette peut-être un peu que la poésie qui s’état introduite dans le film soit absente de la version papier (mais cela est peut-être du au trait ferme de Clowes, ou à l’absence de couleurs), mais j’avoue avoir fondu pour ces deux gamines qui m’ont rappelé quelques évènements de ma propre adolescence et de mes propres premières années de fac (je répète que mon adolescence a été tardive)
Un livre donc à mettre entre les mains de toutes celles qui ont combattu l’âge adulte avec le regard froid et distant qui témoigne sans doute des plus grandes faiblesses (ou c’est moi qui suis trop lyrique et alors que tout le monde le lise !)

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Bonus : 365 photos pour 365 jours, et même avec un pauvre portable, c’est rigolo à faire.

 
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Publié par le 25 septembre 2008 dans lectures

 

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Joséphine – Pénélope Bagieu

Seconde bande-dessinée achetée à Strasbulles, Joséphine n’appartient pas à la même catégorie que Clues. Ici c’est Bridget Jones façon Pénélope, et autant dire que c’est souvent très bien vu.
Or donc, Joséphine est une trentenaire célibataire, un petit peu jalouse de sa soeur bcbg avec gamins, stressée par ses parents, dépensière, malmenée ar un collègue machiste et désespérément à la recherche de l’âme soeur.
J’aime vraiment beaucoup le dessin de Pénélope Bagieu et la façon qu’elle a de faire ressortir nos pires défauts et nos plus désespérantes faiblesses. C’est drôle et touchant, et même si Joséphine est une petite blonde fluette, on se sent forcément très concernée par ses problèmes de hanches trop épaisses et de monomaniaquerie des sacs (ce qui, avec les collections de chaussures) semblent être un trait commun à au moins 80% de la population de femmes très très filles.

En bref Joséphine est un petit bijou finalement tendre, à s’offrir, ou à offrir à votre meilleure copine (les garçons ont le droit d’y jeter un coup d’oeil aussi, ça peut faire office d’ouvrage ethno-sociologique…)

 
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Publié par le 24 septembre 2008 dans lectures

 

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Clues – Margaux Mara

La jeune Emily Arderen revient à Londres après un exil forcé aux Etats-Unis. Décidée à résoudre le meurtre dont sa mère a été victime une dizaine d’années auparavant, Emily est bien décidée à conquérir sa place à Scotland Yard, même si ces messieurs moquent cette apprentie en jupons. Et c’est aux côtés de l’inspecteur Hawkins que la demoiselle fait ses armes.

Le premier album de Margaux Mara est une petite merveille. Plus habituée aux chroniques comiques ou intimistes en BD francophone, j’ai cependant suivi avec plaisir le débuts des aventures d’Emily et de son très charismatique supérieur, le ténébreux et sarcastique Hawkins.
Le trait où l’on devine peut-être l’influence de Disney (période années 90) est surprenant au premier abord, par manque d’habitude, mais Margaux Mara possède un vrai style, vivant et maîtrisé (sauf quelques erreurs de proportion) Les couleurs entre les verts et les bruns rendent bien l’atmosphère glauque des rues de Londres, et en somme l’ère victorienne est bien rendue.

Clues est une vraie bonne surprise et j’attends le second volume avec impatience.

J’ai pu découvrir cette BD dans le cadre de Strasbulles, et ai même pu avoir une jolie dédicace de l’auteur.

 
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Publié par le 23 septembre 2008 dans lectures

 

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Strasbulles 2008

Le festival des bandes dessinées Strasbulles s’est déroulé la semaine dernière à Strasbourg, à coup d’expositions et de conférences se déroulant dans divers lieux culturels de la ville. Bon j’avoue, je n’ai profité du festival que samedi après-midi, pour quelques heures de rencontres et de dédicaces salle de la Bourse.
J’ai déjà fait quelques festivals et quelques dédicaces, et j’avoue avoir trouvé la formule de Strasbulles particulièrement efficace, quoiqu’un peu destabilisante au premier abord. Lorsque l’on arrive à une séance de dédicace, on se met, petit lecteur lambda, sa bande dessinée sous le bras, dans la file d’attente de l’auteur de son choix. Et si l’on est patient et qu’on a le temps, on répète cela pour chaque auteur, avec une endurance que l’on ne mettrait pas autrement (genre on râle moins que pour une file d’attente à la Poste, et pourtant ça dure souvent plus longtemps)
Ici les rencontres avec les auteurs se déroulaient donc salle de la Bourse, selon une configuration originale. Les auteurs les plus connus étaient installés à certaines tranches horaires à des tables rondes, au centre de la salle et dans divers autres endroits. Il fallait demandé un ticket de passage pour l’auteur de son choix puis s’installer à la table convenue. Donc, au moment où l’auteur fait ses dédicaces, une dizaine de lecteurs sont installés à sa table et discutent. J’ai testé ce système avec Pénélope Bagieu et j’avoue avoir été très emballée. Même si je ne suis pas spécialement « sociable », les autres lectrices (oui le lectorat de Pénélope est très féminin) discutaient à bâtons rompus, l’auteur aussi, entre deux dessins, et c’était bien plus agréable que d’attendre debout entre deux resquilleurs.
De plus ce système avait un autre avantage : toutes les tables placées sur les bords de la salle étaient réservées à des auteurs moins connus et aux petits éditeurs (les stands commerciaux prenant très peu de place, ce qui était tout aussi agréable) Les visiteurs avaient donc tout loisir de se ballader et de découvrir des artistes qui ont d’habitude moins d’espace que les grands auteurs. J’approuve donc énormément ce système, mon seul bémol allant à l’emplacement des stands de fanzines, peu nombreux (ils devaient être trois ou quatre) et excentrés dans une autre salle.
Limitée par le temps et ma bourse légère, je n’ai malheureusement pu rencontrer que trois auteurs (dont un par procuration, ce dont j’ai vraiment honte) alors que beaucoup me plaisaient vraiment (notamment Capucine, Guillaume Long et quelques autres), et j’espère vraiment que l’expérience Strasbulles sera réitérée l’année prochaine, grâce à l’énergie d’ABD.

Je ferai des billets plus « littéraires » sur Pénélope Bagieu et Margaux Mara les jours prochains (parce qu’en plus, j’ai adoré leurs BD respectives)

 
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Publié par le 22 septembre 2008 dans festival

 

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Le Septième Fils – Orson Scott Card

Au bord de la rivière Hatrack, près des forêts profondes où règne encore l’Homme Rouge, un enfant va naître en des circonstances tragiques. Un enfant au destin exceptionnel. Septième fils d’un septième fils, il détiendra, dit-on, les immenses pouvoirs d’un « Faiseur ». Si les forces du mal ne parviennent à le détruire. Car il existe un autre pouvoir, obscur, prêt à tout pour l’empêcher de vivre et de grandir.
Nous sommes dans les années 1800, sur la terre des pionniers américains. Mais dans ce monde parallèle opèrent charmes et sortilèges, on y possède des talents à la dimension magique, et les ombres de présences bienveillantes ou maléfiques rôdent dans la nature.

Deux jours… Deux jours pour lire le premier volume du cycle des Chroniques d’Alvin le Faiseur. Après les quatre semaines passées sur Fascination, cette lecture a fait office de délivrance. Quel plaisir de découvrir un nouvel auteur, une  nouvelle histoire, de nouveaux personnages, une nouvelle écriture et un (pas si) nouveau traducteur ! Je rends hommage directement à Patrick Couton : fournissant déjà un travail incroyable pour retranscrire l’humour de Terry Pratchett, le traducteur fait ici montre d’un égal talent sur les dialogues paysans des personnages. Magistral.
Passons à l’histoire, ou à l’Histoire, puisqu’il s’agit d’une uchronie : nous sommes dans les territoires à peine colonisés des Grands Lacs, mais tout est décalé, du Canada français aux grands hommes politiques, de la magie à la religion. La religion prend une énorme part du récit, me renvoyant systématiquement à l’excellente série télévisée Carnivale dans le combat décrit entre deux pouvoirs, le Mal et le Bien, sans que l’on sache vraiment, finalement, qui est quoi.
Nous suivons donc l’histoire d’Alvin, septième fils d’un septième fils, de sa naissance à ses dix ans, des passages, des miracles et des choses inexpliquées, sa rencontre avec William Blake (le poète…) et les dissensions violentes entre religion et vieilles croyances. Les personnages, Alvin en tête, sont des monstres d’humanité et de complexité, on ne peut que s’attacher à eux de toutes ses forces, avec un gros coup de coeur pour la relation entre Alvin et son père.
Une grande découverte : mardi aujourd’hui, je vais chercher le second volume, Le Prophète Rouge.

 
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Publié par le 20 septembre 2008 dans lectures

 

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