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Archives Mensuelles: avril 2009

Malaise

[comme d’habitude avec mes posts « réflexifs » ma pensée n’est jamais vraiment claires, donc à la moindre incompréhension / réaction, n’hésitez pas à me demander, je verrai si j’arrive à préciser ma pensée]

Cette semaine enfin, j’ai pu entendre un hommage à J.G. Ballard sur les ondes, sa disparition ayant eu l’air de passer relativement inaperçue partout. J’ai ainsi appris qu’après avoir écrit de la SF tout ce qu’il y a de plus normal, l’homme a décidé de se tourner vers un autre genre de fantastique, l’anticipation, la même qui a donné des Mad Max post crise pétrolière ou des Fils de l’Homme en pleine « réflexion » sur l’immigration.
Mes pensées ont ensuite été captées par divers reportages, informations et autres flashs télévisés.
J’avoue qu’en ce dimanche soir, mon malaise est encore bien présent. Car je pense qu’il n’y a pas pire pour un auteur de SF ou d’anticipation qui ne fait pas de politique dans ses textes (qui n’écrit pas forcément pour le message à faire passer) que de voir que des sujets de pure fiction fantastique ou horrifique sont bel et bien réels.
Les livres apocalyptiques débutant par une pandémie fulgurante sont légions. Un peu comme si tous les écrivains de SF et de fantastique avaient un jour écrit sur ce thème, comme un passage obligé.
La pandémie qui se déroule en ce moment même au Mexique fait froid dans le dos, même si entre la peur abstraite de la mort (qui est pourtant loin de nous, ceci dit sans cynisme aucun par rapport aux victimes) ne survit pas très longtemps face à une confiance plus ou moins justifiée en la recherche actuelle.
Mais en fait c’est quelque chose d’autre qui m’a mise mal à l’aise ces derniers jours.
Imaginez le scénario d’un survival : le héros se perd dans un pays vide. Il arrive dans un village étrange, gris et sans vie. Ses habitants souffrent la désespérance par tous leurs pores, oscillent sans cesse entre la folie et le suicide. Et au milieu de ces personnes, le héros découvre des monstres. Bien entendu, structuré ainsi, avec un peu d’action, on reprochera une similitude trop grande avec un Massacre à la Tronçonneuse ou surtout une version de La Colline a des yeux. Alors on pourrait plutôt prendre le point de vue d’un habitant du village, et structurer le récit autour de sa fuite, de sa recherche du coupable ou de sa tentative de vouloir vivre normalement.
Ca ferait, ça pourrait faire un bon bouquin. Je suis certaine qu’il y aurait quelque chose à en tirer.
Mais pour l’instant, tout ce que j’arrive à me dire, c’est que ce village existe bel et bien, et que ça me fout vraiment mal à l’aise d’avoir considéré, sans le savoir, cette misère humaine comme un bon sujet de bouquin (faites une recherche sur Semipalatinsk ou Semeï pour comprendre, mais évitez si vous êtes vraiment sensible à ce genre de choses)
Je ne me pose même pas la question de savoir si il est juste ou non d’utiliser un tel sujet pour un livre de « loisir » (j’ai écrit déjà sur des ordures finies, sur des situations très borderline), je ne fais qu’exposer quelque chose qui m’a profondément dérangée.

Cet article n’avait pas pour but d’être cynique par rapport aux malheurs du monde (je ne le suis pas) ni d’exposer une quelconque naïveté par rapport à ces mêmes horreurs (genre « oh, mais je ne savais pas que ça existait ! » parce que si, je le savais, et vu mon âge, les images de famine en Ethiopie et de bébés malformés à Tchernobyl ont été les premières à me marquer profondément) Il s’agissait juste pour moi de mettre à plat quelque chose qui m’est pourtant, pour l’instant, assez inexprimable.

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Publié par le 26 avril 2009 dans écriture

 

Ceux qui marquent

Dans le dernier article (enfin article, la dernière note) de ce blog, je parlais de ce paradoxe qui fait que je me trouve plus d’influences dans le cinéma que dans la littérature. Je ne vais pas développer aujourd’hui. Ou plutôt je vais me concentrer sur un cas en essayant, à ma modeste mesure, de rendre hommage à un écrivain qui m’a énormément marquée… mais que je n’ai jamais lu.

A l’âge encore doux et innocent de dix ans et demi (printemps/été 1988), ma grand-mère fit quelque chose qu’elle n’avait sans doute jamais fait avant et ne referait pas plus tard : elle m’emmena au cinéma. Il devait pleuvoir ou on devait s’ennuyer, et je ne sais vraiment pas quel hasard nous fit voir ce film-là, un de mes premiers vrais films de grand (c’est-à-dire pas un dessin animé) Il s’agissait de L’Empire du Soleil de Steven Spielberg, inspiré du livre semi-autobiographique de J.C. Ballard. J’en ai développé une grande admiration pour Spielberg (qui ne s’est jamais véritablement démentie), un amour pour la chanson « Suo Gan », une fascination pour Jonh Malkovich, et aujourd’hui je peux briller en société en disant avoir vu le premier film de Christian Bale au cinéma.
Le thème des gamins jetés sans aucune compassion dans le monde adulte, un monde anarchiste, dangereux et mortel, où la survie est tout ce qui compte et où la fraternité est aussi absolue que fragile, il y avait tout ça dans L’Empire du Soleil, et je savoure chaque revisionnage, les larmes aux yeux (et en larmes tout court lors de la scène de fin, je ne l’ai jamais vu sans un mouchoir à la main)

Sautons une dizaine d’années et retrouvons-nous en 1996. A l’âge boutonneux où je préférais les salles obscures au shopping (et au cours de Fac…), et où les Inrockuptibles me semblaient le summum du bon goût (j’en suis revenue, pauvre petite provinciale que j’étais, attirée par les lumières de boboland), à l’âge de presque 19 ans quand même, je découvre David Cronenberg.
J’avoue n’avoir absolument aucun souvenir de Crash, adapté du roman éponyme de J.C. Ballard. Mais vraiment rien. J’ai acheté le DVD, je n’ai jamais osé le regarder, de peur d’être déçue, de peur surtout de ne plus y voir toutes les choses que j’y avais vu à 18 ans.
La seule image qui me reste, due surtout à la promo du film, reste ce plan sur les jambes métallisées et cicatrisés de Rosanna Arquette. J’en ai tiré ce qui restera sans doute, pour mon inconscient de fille presque rebelle, un des plus forts symboles de l’érotisme contemporain. Un psy freudien me répliquera peut-être que m’étant retrouvée, nourrisson encore, avec un jambe en ferraille, mon subconscient sexuello-oedipien avait du en prendre un sacré coup. Peut-être, mais quand même, quelle image. J’en ai développé un intérêt certain pour le corps, intérêt qui m’a fait suivre de près la carrière de David Cronenberg et découvrir Le Mouche plus tard, et un autre Viggo Mortensen il n’y a pas très longtemps.
J’ajoute que Crash a du en rajouter quand à ma fascination morbide pour les bagnoles et les gros engins (sans double sens je vous prie) dans mon imaginaire, alors qu’en réalité j’ai une très grande phobie des voitures (non feinte, demandez à n’importe qui m’ayant déjà prise en voiture)

On pourra dire donc, en guise de conclusion (on dirait vraiment un article construit !) que J.C. Ballard a contribué à mon façonnement intérieur. Aujourd’hui qu’il vient de disparaître, je me demande sincèrement si je devrai le lire, dépasser l’écran de cinéma pour me frotter à ses mots à lui.
Sauf que j’ai peur de ne pas l’apprécier. Un peu comme ne voulant pas vraiment découvrir Chuck Palahniuk alors que j’ai adoré Fight Club. Ca va être ma grande interrogation de la semaine.

 
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Publié par le 20 avril 2009 dans écriture, cinema

 

Mais qui suis-je ?

Pas d’article finalement, pour cause de préparation de week-end (Ah Paris…), de cerveau en compote ( à attendre un audit qui n’est jamais venu tout un après-midi, même si l’audit est « réservé » aux CDI, ben on est un peu vidé) et de minimum syndical (le jour où j’écris un article sur James Cameron, car c’est de lui dont je veux parler, je n’y passerai pas juste vingt minutes comme ça, entre le DVD du soir et le bouquin de la nuit)
A la place je me pose la question existentielle suivante : suis-je la seule fille au monde à attendre ce film-là avec impatience ?
Est-ce juste parce que je suis en train de me retaper l’intégrale de Rocky, que j’ai adoré The Wrestler, que Dolph Lundgren a été quasiment LE fantasme de ma pré-adolescence des années 80 (oui je suis vieille) ? Ou simplement est-ce que je suis un homme qui s’ignore (tout ce que je sais c’est qu’une soirée bière-pizza-DVD bourrin est toujours la bienvenue) ?
Réfléchissez bien à tout ça ce week-end, je ramasse les commentaires en rentrant lundi soir.

Et un jour, en note comme ça, il faudra que je me demande pourquoi quand on me demande quelles sont mes inspirations d’écriture, je me sens toujours obligée de répondre par des écrivains, alros que j’ai envie de gueuler des noms de réalisateurs et de dessinateurs.

 
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Publié par le 8 avril 2009 dans cinema, vie

 

Le crapaud et les princesses

Quand on est gamine, les contes de fée nous apprennent que pour être une héroïne, il faut être triste et jolie et rencontrer un prince. Ou alors qu’il faut savoir magner la hache pour combattre ce salaud phallocrate de méchant loup. Puis quand on se rend compte qu’on s’est faite avoir parce qu’on a rien, mais vraiment rien, de la jolie princesse esseulée, on nous sort le fameux : mais en grandissant elle deviendra une beauté.
Si il y a des jeunettes de douze ans aux verres en cul de bouteille et aux appareils dentaires hyper visibles qui me lisent (ce dont je doute) je préviens tout de suite : c’est un gros bobard. Dans les films, ça marche : la fille moche va chez le coiffeur, met des vêtements cintrés et un peu de rouge à lèvre et hop ! C’est Michele Pfeiffer ! Dans la vie, la vraie, ça marche pas comme ça. Que dalle, nada, sauf si tu t’astreins à un régime de malade pendant des années et ce, dès le début de la fin de l’adolescence boutonneuse (vers 16 ans) : attention à ce que tu manges, crèmes de toutes les natures possibles, heure de torture dans des talons aiguilles. Et encore, faut la volonté, et franchement, celle-là non plus tu ne l’as pas forcément (ma soeur l’a, pas moi)

Bon alors j’exagère forcément. J’ai découvert que oui, un coup chez le coiffeur et un décolleté ou un petit talon (quand on a des mollets pour hein), ça change un peu le regard des mecs. Mais pas forcément quand on se trouve à côté du sosie de Nathalie Portman.
Ceci dit, quand on est un sale crapaud (très) râleur (et super pas objectif), il y a un truc qu’on fait, ou plutôt disons que j’ai fait moi : on se cherche des héroïnes à notre hauteur (à notre grandeur, parce que c’est bien connu que si les autres ne voient pas notre beauté intérieure à nous, c’est qu’ils sont aveugles… et de sales phallocrates aussi, forcément)

Voici donc mon top 4 des héroïnes qui arrachent sans que ce soit par leur bonnet de soutien-gorge !

4. Leia Skywalker

Bon ok, c’est une vraie princesse, elle est en détresse au début, et puis Carrie Fischer était très mignonne à 18 ans. Mais il lui faut trente secondes pour : se foutre de la gueule du prince, gueuler sur le pirate, marcher sur les pattes du side-kick, prendre une mitraillette en main et sauver tout le monde. Si c’est pas la classe ça.

3. Helen Ripley

Une fille normale, avec un job normal et complètement asexué, sans vraiment de charisme, et qui aime les chats. A sa place, je me serais flinguée, mais elle, elle a un foutu instinct de survie qui doit pas être donné à tout le monde. Et les princes, elle en a rien à faire : je me souviens plus si il y en a un dans le premier Alien, celui du 2 est un peu mis de côté (dommage…), celui du 3 n’est là quasiment que pour les besoins de la nature (et la métaphore). Et le 4… Y’a un Alien 4, vous êtes sûr ?

2. Sarah Connor

Je reste sur celle de Cameron (j’ai pas vu le troisième film et je ne compte pas voir la série, merci bien) Job de merde, vie moyenne, brushing années 80 raté, elle aussi elle rencontre un prince très momentané (un jour je ferai un post sur mes héros aussi) et se prend dans la gueule la fin du monde. Quand elle revient, elle est complètement névrosée, paranoïaque, et pas du tout à se laisser marcher sur les pieds. Un personnage complètement borderline et qui a monstrueusement bien évolué. Si un jour je vois la fin du monde, je veux être forte comme elle !

1. Adrian Balboa.

Elle est timide, elle sait pas parler, elle est moche au début, et d’une beauté toute relative (relativement commune on va dire) ensuite. Mais c’est la seule « princesse » (seule et triste, qui rencontre le prince et tout) en laquelle je me sois jamais reconnue. Si les souvenirs d’Adriaaaaaaaaan beuglés à la fin du premier film vous font rire, je vous conseille fortement de revoir le film (ou alors c’est qu’on n’a vraiment pas la même sensibilité)

Demain je vous fais une déclaration d’amour aux hommes du cinéma de genre (celui qui met une pouf dans chaque film juste pour le tee-shirt mouillé ou la scène à exciter les mecs) qui ont su (ou savent encore) faire des sacrées nénettes pas soumises pour un sou.
Je m’excuse de l’intérêt limitée et complètement bizarre de cette note, mais j’ai plein de raisons pour lesquelles écrire des articles trop profonds me fatigue rien que d’y penser.

 
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Publié par le 7 avril 2009 dans vie

 

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Les inspirations fantasmées

Ce matin je suis sortie de chez moi.
Cette situation pourrait paraître des plus banales si on ne prenait en considération deux faits : tout d’abord un état à demi fiévreux et une tension portée à 10 à tout casser due à une sale bronchite qui me tient enfermée depuis mercredi midi ; et ensuite j’habite à Strasbourg.
Si vous suivez les niouz vous savez que la ville est un peu bouclée. Ce que vous ne savez pas, c’est que Strasbourg est une petite ville. A partir du moment où vous bloquez à toute circulation deux quartiers et les autoroutes, la ville est morte (je ne vous parle même pas des missiles SolAir placés dans les champs de patates)
J’habite un quartier calme et relativement éloigné du noyau dangereux (pour l’instant), mais le simple fait de savoir qu’à huit cent mètres il devait y avoir des cars de flics et de militaires, ça procure au dehors une atmosphère très particulière. Les rues semblent plus vides, les abords des écoles et collèges trop calmes, l’université trop déserte. Les rideaux fermés des commerçants prennent une toute autre dimension. On a l’impression de voir la tension dans le visage des petits vieux croisés au supermarché (je suis sortie pour faire mes courses en fait)
Mais tout cela n’est peut-être effectivement qu’une impression. Une vague peur multipliée par la fièvre. On est vendredi matin, les gens actifs sont au boulot (ou en RTT en train de roupiller ou loin, très loin de la ville, en week-end), la Fac est peut-être fermée, les élèves sont sans doute en cours car on est loin de l’heure de la récré. Et ces rideaux fermés sont ceux des restaurants, qui n’ouvrent que plus tard.
Bizarre ce que deux semaines de tensions (tu vas faire un tour au centre-ville, tu croises trois flics tous les cent mètres), ces deux mois de on-dit et de rumeurs, ces flashs infos à la radio peuvent ajouter comme « valeur ajoutée » au simple voyage entre une porte d’appartement et un supermarché.
Ca m’a rappelé le jour où j’ai débarqué toute seule Gare de l’Est, auréolée d’un tout récent diplôme de Bac (ce voyage à Paris était mon cadeau). Et voilà que sur le quai je croise mon premier militaire, mitraillette en bandoulière. Une vraie arme qui peut tuer. A cette époque lointaine (1995), le plan Vigipirate était un terme tout nouveau dans les têtes, et franchement, j’ai eu la trouille. Une trouille mêlée d’excitation.
Comme ce jour un peu plus tard, la veille d’une réunion nationale du FN à Strasbourg. On passe en voiture devant le parking d’un grand hôtel où doit se passer cette réunion. A l’entrée du parking, deux ou trois mecs en costard, et deux skins. Ils nous ont regardé passés, peut-être parce qu’ils s’ennuyaient et qu’on était la seule bagnole à passer à ce moment-là. La peur excitante qui s’est instillée dans ma tête alors était due à 90% à ce que je savais et à ce que je fantasmais, et 10% par les regards froids de ces militants.
Et plus que l’envie pressante de rentrer chez moi et de retrouver un endroit sûr, tout ce que je me suis dite ce matin, en portant mes bouteilles de coca (excellente association de sucre et de caféine pour se remettre de quatre jours de maladie, dixit mon ancien médecin de famille), c’était si je serai capable de retranscrire une telle atmosphère par écrit. Parce que cela tient effectivement bien plus de l’atmosphère que des faits et des actions. Quelque chose d’absolument intouchable, très difficile à retranscrire.
Je regrette même de ne pas pouvoir aller bosser aujourd’hui, de ne pas avoir la chance de voir ça d’un peu plus près.
Enfin, on verra ça à la télé ce soir, ou en ouvrant mes fenêtre, au cas où j’aurai plus d’un hélicoptère au-dessus de ma tête (ce qui risque d’arriver, on en a au moins un par jour en ce moment)

 
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Publié par le 3 avril 2009 dans écriture

 

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