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Archives Mensuelles: juillet 2011

Les Pousse-Pierres – Arnaud Duval

 

En 2170, d’un côté les corporations terriennes ont remplacé les états et dominent la planète. De l’autre, les communautés spatiales contrôlent le reste du système solaire sous l’autorité d’Eloane, la station orbitale géante au point de Lagrange L1 entre la Terre et la Lune.

Les prospecteurs Spatieux de la Ceinture d’Astéroïdes, également appelés « pousse-pierres », fournissent à la Terre les ressources spatiales dont elle dépend, mais les terriens sont priés de rester chez eux. Un consortium de corporations s’organise pour mettre fin à la domination d’Eloane au moyen d’un coup de force audacieux.

Maureen O’Garret est une jeune fille dont les parents ont été victimes d’un accident mortel autour de Jupiter. Solitaire et volontaire, elle cherche à reconstruire sa vie à bord de l’Améthyste, le cargo Spatieux qui l’a recueillie.

La famille de Richard Trévise a décidé de fuir la Terre afin d’émigrer clandestinement sur Eloane. Ses parents, anciens employés d’une des corporations du consortium, deviennent l’enjeu d’une lutte souterraine entre les services de sécurité Terriens et ceux d’Eloane. Dans l’espace Richard découvre un monde aux règles étranges, et pas toujours confortable.

Les deux jeunes gens vont se retrouver au cœur d’un affrontement où va se décider le futur de l’humanité dans l’espace.

ATTENTION
Pour une fois, cette chronique contiendra quelques très légers spoilers.
Si vous ne voulez pas être spoilés, sachez que ce bouquin est très bien, allez le lire, et revenez ^^

Attention, space-opera addictif !
Je m’attendais à beaucoup de choses en ouvrant les Pousse-Pierres. Comme pour les autres livres que je lis, j’ai essayé de ne pas me spoiler, même pas par la quatrième de couverture (j’ai une mémoire éminemment sélective, ça aide quand on se trouve offrir une vitrine pour ce genre de bouquin ici)
Du coup je me suis retrouvée précipitée dans un film d’action que je n’attendais pas. Et quel plaisir ! L’action ne faiblit à aucun moment et ceux, même s’il y a des plages de « calmes ». Arnaud Duval arrive à décrire des sociétés complexes avec un naturel assez bluffant. Le format YA est particulièrement bien exploité, à mon sens : bien que l’on ne mette à aucun moment le pied dans l’utopie (ou la contre-utopie) sociale et politique, les divers mondes (Terre, Eolane et les Spatieux) paraissent tout à la fois bons et, pas si bons que ça. Eolane est par exemple un rappel de certaines cités de bienheureux (vous savez, comme ces hommes passant leurs journées à s’amuser avant de se faire bouffer par les Morlocks la nuit ^^), qui a l’air super sympa, mais fait froid dans le dos, aussi.
Un autre point fort vient de l’aspect abordable de toutes les techniques présentées, ou du moins, quand on lit on est presque sûr de comprendre (lire : je n’ai aucun bagage scientifique) Les descriptions, là aussi, des sensations des astronautes, sensations agréables ou pas du tout, sont extrêmement bien rendue, et j’aurai toujours un gros faible pour Richard, le pauvre souffrant d’une phobie dont je suis moi-même touchée, le vertige.
Les relations entre les personnages sont également bien rendues. Si les dynamiques entre Richard et ses amis d’Eolane sont peut-être un peu convenue, celles entre Richard et Maureen apportent un coup de fraicheur dans une littérature YA (ou même adulte) où fille + garçon = romance. Leurs liens fraternels restent subtils et bien amenés.
J’ai quand même quelques regrets, notamment dans le traitement des adultes. Non pas qu’ils soient mauvais (oh non) mais on sent que l’auteur aurait peut-être aimé aller un peu plus loin, notamment devant quelques fortes têtes, que ce soit dans les relations entre l’AI et le Conseil d’Eolane, ou entre François, le père de Richard, et le lieutenant Savitskaya.
Et, petite envie personnelle : que j’aurai aimée être un peu plus en contact avec toutes ces magnifiques IA…

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Publié par le 13 juillet 2011 dans lectures

 

After Life – Kore-Eda Hirozaku

« Peu après leur passage dans l’au-delà, des morts sont invités à se remémorer le meilleur souvenir de leur vie terrestre. »

 

Un film qui m’a rappelé pourquoi j’aimais le cinéma asiatique.
Dans un bâtiment désaffecté (où l’on devine d’anciens bureaux, ou des classes), des agents accueillent les morts. Ils ont une mission : recréer, par la magie du cinéma, le meilleur souvenir de la vie de leurs invités d’une semaine.
After Life est un film positif et souriant, ce qui est, il faut bien l’avouer, rare pour un sujet pareil (la mort) Le début prend des allures de bouts d’entretien, chaque mort essayant de se rappeler, certains tout de suite, d’autres avec plus de difficultés. des personnalités se dévoilent, des pans de vie, longues ou courtes. Et les agents écoutent, et se rappellent aussi pourquoi ils sont là. Et puis il y a ceux qui ne savent pas ou ne veulent pas répondre à la question : à quel moment de votre vie avez-vous été véritablement heureux ?
Et bien que cette question et son absence de réponse engendrent une certaine tristesse, le drame est presque atténué par la douceur de ce milieu : après tout, nous sommes morts, alors pourquoi s’en faire ?
Poétique, volontiers contemplatif, After Life est un bijou de cinéma, jamais ennuyeux, et qui révèle, malgré une totale absence d’effets tarabiscotés, un imaginaire riche. Un bel hommage aux morts, mais aussi à la mémoire, aux souvenirs… et au cinéma.

 
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Publié par le 8 juillet 2011 dans cinema

 

Un Autre – Christophe Nicolas

Au milieu de la nuit, deux hommes débarquent chez Sam et le jettent sur la banquette arrière d’une voiture, un sac de toile sur la tête, le canon d’un revolver contre la tempe. Samuel Marx a accumulé les dettes depuis son divorce, et l’ardoise a été rachetée par un dangereux mafieux. Mais Sam réussit à s’enfuir en volant la voiture du caïd, et sa cavale le mène dans un village où débute l’étrange méprise… Pourquoi le pompiste l’appelle-t-il Vince ? Et pourquoi cette jeune femme l’accueille-t-elle chez elle et l’embrasse en croyant étreindre son mari ?

Un thriller, encore un !
Rythmé et très bien écrit, Un Autre vous invite à partager quarante-huit heures (ou un peu plus) dans la vie de Samuel Marx, plus connu sous le nom de « celui-ci qui se retrouva dans la vie d’un autre ». Piégé par un coup du destin, Sam va devoir apprivoiser sa nouvelle situation tout en trouvant pourquoi il en est arrivé là. Tout en évitant la police et les joyeux lurons qui sont venus le chercher chez lui.
Réservé à un public averti pour sa violence, son côté relativement trash et quelques scènes perturbantes, Un Autre est un excellent roman d’horreur, où tout est presque dans le non-dit, dans les questions sans réponses et les réponses tellement évidentes qu’elles font froid dans le dos.
Les personnages sont l’énorme point fort du roman, modelé avec ce qu’il faut de « gueule » (façon série B) et d’ambiguïté pour ravir le lecteur, et ce, qu’ils soient du côté des bons (où ça ?) ou des méchants (lesquels ?) Une mention très spécial au « couple » de mafieux, Paul et Mario, dans une figure ultra rabâchée du jeune/vieux, mais qui fonctionne à merveille.
Chronométrée avec précision, l’action, qui sait pourtant se poser à certains moments, est omniprésente, et l’auteur, dans la seconde partie du roman, sait fabuleusement jouer des décalages temporels.
Une réussite.

 
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Publié par le 6 juillet 2011 dans lectures

 

Théorie de l’éparpillement

 

Je crois que de toute ma vie d’auteur désorganisée, procrastinatrice et bordélique, je n’ai jamais été aussi éparpillée entre mes projets que maintenant. La dernière note de blog date… d’avant Epinal !!!!! D’avant mes vacances !!!!!! D’avant tout !
Entretemps j’ai lu les neuf premiers volumes du Trône de Fer (j’hésite sur le dixième, parce que je sais que c’est le dernier paru) J’ai lu un thriller d’Emmanuelle Maïa (critique bientôt) et commencé un thriller de Christophe Nicolas (dont il a été très dur de me détacher cette nuit)
Entretemps j’ai aussi écrit deux nouvelles en attente de réponses (je crois que pour l’une d’entre elle ce sera dans le mois qui vient) Mais, chose très drôle, et c’est là que le titre de ce post prend tout son sens, j’en ai aussi deux en cours (dans l’absolu trois en fait) Et je n’arrive pas à les finir. Non pas parce que je ne sais pas quoi dire mais parce que ça flue trop rapidement. Je ne sais pas comment expliquer cela mais dans ma tête, ce grand territoire mystérieux et anarchique, il y a plusieurs muses qui parlent TOUTES en même temps.
Inutile de dire que si j’ai rajouté quelques milliers de signes aux Chasseurs, c’est quelques milliers de mots que j’ai couché sur les pages des Bracelets d’émeraude.
J’avoue que des fois c’est fatigant.
Parce que si je prévois de travailler sur un texte, et bien c’est un autre que j’ouvre. et je ne vous explique pas le sentiment de ne pas avancer du tout !
Tout tient dans un gros défaut de concentration, qui me fait commencer 3000 choses en même temps. Je ne sais pas si ça vous arrive de temps en temps, mais à la fin de la semaine je suis sur les rotules, et, pourtant, rien n’est jamais fini.
Et je ne parle même pas du monceau de travail de corrections qu’il y aura à faire si je finis tout ça un jour ;_;
J’aurai du faire du macramé plutôt que de vouloir devenir écrivain, mais même ça, ma tête ne m’en laisse pas le choix.

 
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Publié par le 3 juillet 2011 dans écriture