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Archives Mensuelles: novembre 2008

Joli Décembre

Romuald prit un cahier sur une des piles. Les feuilles étaient reliées entre elles par une ficelle cousue sur la tranche, et il ne bénéficiait même pas d’une couverture cartonnée. Quand Romuald l’ouvrit, Alfred se rendit compte que l’intégralité du rapport était écrite à la main.

« Ce rapport est manuscrit, expliqua Romuald. Tu vas lui donner le numéro de classement des manuscrits. Il doit être sur le tableau ici… »

Le jeune homme récupéra une feuille volante et la posa devant Alfred. Son doigt suivit une colonne : « Voilà : rapport manuscrit, langue… allemande, cote RaMDe. A chaque fois tu vérifies l’écriture et la langue. Si tu as un doute pour la langue, demande moi, mais a priori tous ceux-là sont de langue européenne : italien, français, allemand, espagnol. Il y a peut-être un texte en anglais qui traîne dedans. Quand tu as vérifié, tu prends un carton, tu inscris la cote de façon lisible avec un feutre, et tu le colles au haut à droite. Vas-y. »

Alfred fit comme Romuald le lui avait indiqué, faisant bien attention à être propre.

Extrait Des Chasseurs. Nanowrimo 2008.

Nous sommes à deux jours du mois de décembre, un mois que j’apprécie particulièrement, car j’ai toujours aimé les préparations de fêtes, bien plus que la fête en elle-même d’ailleurs. J’avoue que cette année le mois de décembre va être assez particulier puisque pour la première fois en quinze mois, je vais travailler. Inutile de dire que cette nouvelle-là a ôté de mes épaules un poids que j’arrivais pourtant à ignorer la plupart du temps (les retours de bâtons étant hyper violents quand même)

Novembre a été un mois long et fatigant à tous points de vue. Incapable de tenir mes engagements sur beaucoup de choses, je n’ai trouvé que la force de vider mon crâne de cette histoire qui y reste collée depuis bientôt cinq ans (ou six ?) Cela a peut-être servi de catharsis, un moyen de faire de la place dans un tiroir imaginaire qui avait tendance à trop se remplir, sans que rien n’atterrisse sur les touches de mon clavier. Je n’arrive pas vraiment à être fière de ces presque 50.000 mots sortis en un mois, bien que je sente une écriture relativement confiante là-dessous, car trop d’autres projets sont restés au point mort. Tellement bourrée de remords de me trouver devant mon écran alors qu’il fallait essayer de prendre pied dans la réalité (et le monde du travail, puisque l’on parle de ça), je me retrouvais à appliquer la stratégie de l’évitement : faisons quelque chose de neuf, plutôt que de continuer quelque chose de vieux.

Les six mois qui arrivent, en espérant que tout se passe bien niveau climat de travail, vont je l’espère alléger ce remord, et me faire ouvrir les yeux sur ces dossiers qui n’attendent que d’être ouvert sous word à coup de ctrl+O.

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Publié par le 29 novembre 2008 dans écriture

 

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Les petits gestes qui comptent

C’est bientôt Noël, mais c’est la CRISE et vous ne pouvez pas faire de dons pour les enfants qui n’ont rien.
Ou vous voulez faire plus.
Ou vous voulez juste faire.

Alors cliquez ici, tous les jours, plusieurs fois par jour (je ne sais pas si le site comptent les visites ou les visiteurs), jusqu’à Noël !
Et partagez le lien !

 
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Publié par le 17 novembre 2008 dans blog

 

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MILK & Fruit Juice – critique (?) album

cd

MILK & Fruit Juice, c’est déjà un peu l’histoire de l’internet. Vous savez, ces rencontres qui en amènent d’autres et d’autres et encore d’autres et ce que vous trouvez au final s’avère étonnamment proche de vous.

MILK & Fruit Juice, je les ai connu il n’y a pas très longtemps, grâce à la freebox, qui héberge la chaîne Nolife, dont l’un des présentateurs se nomme Davy, sur le blog duquel je vais, par l’entremise duquel je suis allée sur le blog de Didier, autre présentateur, qui parlait de MILK & Fruit Juice. Passage sur la page MySpace obligatoire, écoute de quelques extraits, achat du CD.

Je reçois l’album, je scrute la pochette, je repère deux noms que je connais, Littlesa et Sironimo, pour être déjà passée sur leurs blogs respectifs, et un troisième, Cococerise, dont j’apprendrai une semaine plus tard qu’une de mes meilleures amies la connaît.

Ouf. A un moment j’aurai pu croire que l’internet pouvait vous emmener au bout du monde, alors qu’il ne fait que trouver des liens entre des choses qui au premier abord n’en n’ont pas forcément (ceci dit, après quelques années passées dans un milieu assez spécifique, ce genre de coïncidences ne devrait plus vraiment me surprendre)

Mais je ne suis bien sûr pas là pour parler de mes considérations philosophiques sur ce petit monde. Non. En fait je voulais vous parler musique.

J’ai été attirée d’abord par… la couverture de l’album. Un joli beige à petits carreaux, et cet ornithorynque inquiet et frileux habitant dans une boule à neige. Un peu de rose, un peu de vert, c’est sobre, c’est original, et ça donne une excellente idée du contenue de l’album. Car Nobody listens to silent people est un ensemble mignon, un peu étrange, tout doux et chaleureux, un ensemble que l’on écouterait volontiers dans son canapé, casque sur les oreilles et tasse de thé à la main, pendant que dehors neige ou pluie vous incite à rester dans votre cocon, tout en instillant en vous de mélancoliques pensées.

Et ça fait du bien !

Il y a même un yukulele, mais si discret, si mignon, si délicat, qu’on en oublie l’objet « à la mode » pour en profiter complètement.

Je n’ai jamais autant apprécié d’avoir cédé à une impulsion d’achat, et je vous conseille à tous d’aider ce groupe indépendant à se faire un peu plus connaître !

 
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Publié par le 10 novembre 2008 dans Non classé

 

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Le doute resurgit…

J’en suis encore à me demander si un tel billet est bien opportun au moment où je m’apprête à me vendre, histoire de décrocher enfin ce boulot qui me permettrait d’avoir une relative stabilité financière. Mais j’ai vingt minutes d’avance sur mon emploi du temps, et l’exercice sera sinon bénéfique, du moins utile à un vidage complet des tensions.

J’ai reçu ce matin une réponse attendue depuis quelques mois maintenant, pour un concours de nouvelles. Comme on s’en serait douté au ton que prend ce billet, elle a été négative. Et comme il s’agit d’un message type envoyé à tous les recalés, je ne connais pas les raisons du rejet. Mon côté cynique et réaliste me porte à croire que la phrase bateau « tous les textes étaient bons, le choix a été difficile » est fausse. Il n’a donc fallu que quelques secondes pour que mon moral tombe à plat, que je tire une tronche de trois mètres de long au petit-déjeuner et qu’une multitude de questions m’assaillent.

Ai-je fait du hors sujet ? Bien sûr c’était ma peur principale, mais je n’ai jamais vraiment aimé suivre au pied de la lettre un thème, me disant qu’avoir une vue différente d’un concept ne pouvait qu’être plus intéressant. Serai-je la seule à le penser ?

Le texte était-il vraiment trop limite, niveau hardcore ? C’est une chose que j’ai du mal à définir, parce que ce qui n’est qu’un sujet pour moi développe des réactions étranges chez certains de mes lecteurs. Je n’ai jamais l’impression d’écrire un truc vraiment limite. Est-ce donc mon défaut ? Dois-je m’auto-censurer ? Dois-je suivre les indications et ne jamais, jamais sortir du chemin balisé ? On retombe dans la première question.

Reste la dernière, la pire de toute, celle qui revient inlassablement me hanter et m’ôter les quelques parcelles d’optimisme qui me restent après des mois de galère : est-ce que je sais écrire ? Et si je ne sais pas, pourquoi est-ce que je continue ? Suis-je condamnée à devenir ce genre de vieille fille qui écrit dans son coin, a un petit succès d’estime vers quelques amis qui se comptent sur les doigts d’une seule main mais n’aura jamais, vraiment jamais l’acceptation des éditeurs ?

Est-ce que j’ai fait le bon choix ?

A l’heure où je me tire les cheveux sur la correction de mon premier roman, où l’écriture du second a déjà suscité une crise de doute, où il faudrait que je devienne vraiment raisonnable parce que trente-et-un ans ce n’est pas vingt-et-un, je ne sais plus.

 
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Publié par le 7 novembre 2008 dans écriture

 

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Nanowrimo 2008

J’étais bloquée. Un sale blocage d’écriture qui me tenais si bien que j’avais été incapable d’écrire quoique ce soit depuis plusieurs longues semaines. Inutile de dire que dans ces conditions-là, la correction des Invisibles n’avançait pas d’un poil. Horrible sensation de laisser mon correcteur tout seul, alors que j’ai vraiment la hargne sur ce projet, et que j’arriverai bien à me concentrer dessus et à vraiment bosser plus de deux heures d’affilée sur mes réécritures de chapitres.
Alors le Nano de cette année, je pensais le passer à a trappe, par honnêteté, parce que cela aurait été mal de commencer une chose sans avoir fini l’autre.
Et puis ce matin je me dis : « Allez, juste un peu, pour se dérouiller »
Résultat une dizaine de pages et près de 5000 mots plus tard : non seulement je suis en train d’écrire une bonne histoire, mais en plus je sens mes doigts avancer plus vite, avec plus de confiance, et ma correction me fait de moins en moins peur.
Alors oui je ferai deux choses en même temps, avec un minimum de 4h par jour devant mon traitement de texte, et ce même si j’ai deux entretiens d’embauche à préparer, un appart’ à nettoyer et un long week-end à organiser, sans compter des bricolages à finir.
Ouf, la période sans écriture est finie !

Extrait…

Il choisit avec précaution un banc de pierre, à la fois proche de la source de fraicheur que constituait le bassin, et caché par la végétation. Il ne s’agissait pas de se faire surprendre par un autre insomniaque. Alexandre sortit une cigarette de la poche de son bermuda et l’alluma d’une allumette. Il s’allongea sur le banc, perdant un peu de la droiture qu’il adoptait face aux étrangers, et même à sa famille. Ses pensées dérivèrent assez vite, passant de ses projets à la fin de ses études. Sans doute qu’Andrew Patrickson le pousserait-il à faire son service militaire, dans la Royal Air Force. Cela lui permettrait de se racheter, Alexandre n’ayant pas hérité de la myopie paternelle qui l’avait empêché de servir sa patrie comme il l’entendait. Déjà qu’il avait été trop jeune pour participer à la Seconde Guerre. Alexandre était tout à fait conscient de ce que son père faisait de lui, mais cela ne lui déplaisait pas. Pourtant il avait bien plus de points communs avec Joan que ce que sa sœur pouvait penser. Il lui avait bien piqué son Sergent Pepper, quelques feuilles d’herbe et même une ou deux positions politiques. Mais pourquoi se révolter contre une vie qui lui plaisait ?
Alexandre se redressa, doigts sur les tempes. Un éclair lui traversa le crâne avec une force peu commune, manquant de le faire tomber dans les pommes. Il jeta sa cigarette et respira à fond. Mais la douleur disparut aussi vite qu’elle était arrivée. Alexandre mit quand même quelques minutes à s’en remettre. D’un coup, la chaleur qu’il avait cherché à fuir lui parut encore plus insupportable. Et la seconde d’après il commença à trembler, la sueur sur sa peau le frigorifiant.

 
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Publié par le 1 novembre 2008 dans écriture

 

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