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Le doute resurgit…

07 Nov

J’en suis encore à me demander si un tel billet est bien opportun au moment où je m’apprête à me vendre, histoire de décrocher enfin ce boulot qui me permettrait d’avoir une relative stabilité financière. Mais j’ai vingt minutes d’avance sur mon emploi du temps, et l’exercice sera sinon bénéfique, du moins utile à un vidage complet des tensions.

J’ai reçu ce matin une réponse attendue depuis quelques mois maintenant, pour un concours de nouvelles. Comme on s’en serait douté au ton que prend ce billet, elle a été négative. Et comme il s’agit d’un message type envoyé à tous les recalés, je ne connais pas les raisons du rejet. Mon côté cynique et réaliste me porte à croire que la phrase bateau « tous les textes étaient bons, le choix a été difficile » est fausse. Il n’a donc fallu que quelques secondes pour que mon moral tombe à plat, que je tire une tronche de trois mètres de long au petit-déjeuner et qu’une multitude de questions m’assaillent.

Ai-je fait du hors sujet ? Bien sûr c’était ma peur principale, mais je n’ai jamais vraiment aimé suivre au pied de la lettre un thème, me disant qu’avoir une vue différente d’un concept ne pouvait qu’être plus intéressant. Serai-je la seule à le penser ?

Le texte était-il vraiment trop limite, niveau hardcore ? C’est une chose que j’ai du mal à définir, parce que ce qui n’est qu’un sujet pour moi développe des réactions étranges chez certains de mes lecteurs. Je n’ai jamais l’impression d’écrire un truc vraiment limite. Est-ce donc mon défaut ? Dois-je m’auto-censurer ? Dois-je suivre les indications et ne jamais, jamais sortir du chemin balisé ? On retombe dans la première question.

Reste la dernière, la pire de toute, celle qui revient inlassablement me hanter et m’ôter les quelques parcelles d’optimisme qui me restent après des mois de galère : est-ce que je sais écrire ? Et si je ne sais pas, pourquoi est-ce que je continue ? Suis-je condamnée à devenir ce genre de vieille fille qui écrit dans son coin, a un petit succès d’estime vers quelques amis qui se comptent sur les doigts d’une seule main mais n’aura jamais, vraiment jamais l’acceptation des éditeurs ?

Est-ce que j’ai fait le bon choix ?

A l’heure où je me tire les cheveux sur la correction de mon premier roman, où l’écriture du second a déjà suscité une crise de doute, où il faudrait que je devienne vraiment raisonnable parce que trente-et-un ans ce n’est pas vingt-et-un, je ne sais plus.

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5 Commentaires

Publié par le 7 novembre 2008 dans écriture

 

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5 réponses à “Le doute resurgit…

  1. JP

    7 novembre 2008 at 10:17

    La seule question à poser est : « La vie que je vis me convient-elle ? » Si c’est le cas, continue, peu importe les conventions sociales, et sinon tu peux poser les mêmes questions que pour écrire un roman: « Quel est ton but ? », « Quels sont les obstacles ? » et d’après ce post (en anglais), les deux questions les plus importantes « Que veux-tu ? » et « Que dois-tu faire ? ».
    31 ans, c’est jeune pour un écrivain (enfin j’espère, j’en ai 33 et toujours rien à l’horizon !), l’important c’est la persévérance. Courage !

     
  2. JP

    7 novembre 2008 at 10:18

     
  3. Moussaillon

    7 novembre 2008 at 12:44

    Bon, on passera sur le fait que je trouve vraiment dommage que tu n’ai pas été sélectionnée. Je pense que ton texte le méritais, mais ça tu le savais déjà. Peut-être as tu fait du hors-sujet ou peut-être que tout simplement ton texte ne collait pas avec les autres qui ont été primés. Lorsqu’on fait un recueil, il est important que les textes s’harmonisent et le tien était assez borderline pour pouvoir détonner.
    Ca ne doit pas en tout cas remettre en question ton écriture, ni le texte en lui même qui est bon et original.

    Pour le reste du post, je suis plutôt d’accord avec JP dans le sens où il faut que tu saches te poser les bonnes questions.
    Je te l’ai déjà dit et je sais que tu n’aimes pas l’entendre, mais avec la conjoncture actuelle, je ne crois pas au fait de pouvoir vivre de son écriture. Sur 1000 manuscrits envoyé seul un est sélectionné et il est donc très dur de se faire éditer surtout lorsqu’on est nouveau sur le marché et qu’on écrit des choses qui ne sont pas « commerciales ».
    A toi de voir après ce que tu veux. Te faire éditer à tout prix en écrivant une enième copie de ce qui existe déjà et en te conformant aux règles ou alors attendre et faire vraiment ce que tu veux. Mais, il faut te sentir prête à écrire quelque chose qui ne te plaira pas et qui ne sera pas de ton niveau…

    La première solution n’a pas que des inconvénients, parce qu’une fois que tu as édité un texte, il est beaucoup plus facile d’en éditer un second et de faire progressivement ce que tu veux.
    A toi de choisir. L’important ensuite c’est d’assumer ton choix.

    Fais des tableaux comme la dernière fois ^^
    Qu’est-ce que je veux ?
    Qu’est-ce qui est important ?
    Quelles sont mes options ? Quels sont les moyens que j’ai d’y arriver ?

    Je ne crois pas ou en tout cas plus en l’idée de la ligne droite. Je suis par contre persuadée qu’on arrive à tout en prenant des chemins détournés.

     
  4. Boite en carton

    7 novembre 2008 at 1:19

    Concernant ton écriture je ne peux être que désolé pour toi, mais je n’ai aucun moyen de juger, n’ayant jamais lu que tes posts, que je suppose différent de tes écris.
    Concernant les doutes, j’ai l’impression d’entendre ma petite soeur. Elle a fait une thèse, un post-doc, a 30 ans maintenant, que des CDD, pas de vie de famille, pas d’enfants, mais toujours la passion de son métier. Alors ?
    Le doute, c’est logique. Suis-je vraiment fait pour cela ? Combien de temps dois-je insister ? Que suis-je prêt à sacrifier de ma vie pour cela ?
    C’est assez douloureux de la voir souffrir d’une situation dont elle ne veut plus mais en continuant à s’y accrocher parce que c’est son rêve désabusé.
    Avec l’écriture, je doute qu’on puisse en vivre de nos jours. Même si on est publié. Surtout des textes comme tu décris les tiens qui ne sont pas des produits marketing.
    Etre publié, c’est une chose déjà énorme, mais pourquoi ne serait-elle pas à ta portée si tu n’abandonnes pas ?
    Et ce n’est pas abandonner que d’avoir un boulot alimentaire à coté…

     
  5. motpassant

    15 novembre 2008 at 12:19

    Courage ! Courage ! Et courage encore !!!
    Le doute fait partie intégrante de tout créateur. Et il est vrai qu’écrire entraîne inévitablement une suite de doutes qu’il faut absolument contourner pour continuer à aligner des mots.
    J’ai opté pour l’atelier d’écriture et même si aux cours des années, on a l’impression que jamais on ne saura écrire, la stimulation et l’interactivité dans le groupe permet de comprendre que l’on est pas seul à subir ce doute que je pourrais comparer à du trac.
    Quand à être édité, je pense qu’il faut d’abord écrire, écrire et écrire encore.
    L’édition est apparemment gangrenée par des obligations économiques souvent en opposition avec ce que devrait être sa tâche.

     

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