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Archives Mensuelles: juillet 2012

Questionnaire pour écrivain (2)

Suite et fin 🙂

Acte #06 – Où te sens-tu le mieux pour écrire ? À quel créneau horaire ? Ordinateur ou bon vieux stylo et papier ?
Sur un vrai bureau, dans un contexte très « travail », ou alors dans un lieu complètement étranger, mais social (c’est-à-dire pas dans le cercle privé) Du coup mes grosses séances d’écriture, je les fais au boulot, pendant ma pause, sur le bureau de mon père, ou dans les cafés (très rare quand même)
De temps en temps, j’arrive à me concentrer assez pour écrire beaucoup chez moi, mais je manque vraiment d’un espace aménagé. C’est quand même mon gros projet pour la fin de l’année 2012…
Pour les créneaux horaires il faut que ce soit long et calme et que je sois moi-même complètement calme. Plutôt le matin en vacances, sinon en tout début d’après-midi ou en tout début de soirée. Dans les moments où finalement, d’habitude, on ne fait rien.
Je suis très ordinateur, mais pour les blocages, je peux noircir des pages sur mon carnet. Mes plus grosses productions manuscrites se font exclusivement sur mon carnet perso. J’ai du mal avec les feuilles volantes ou les trop petits ou trop grands carnets.

Acte #07 – Écoutes-tu de la musique pendant que tu écris ? Quel genre ?
Non. Et si j’en écoute, en fait je ne l’écoute plus. Sinon je regarde la télé mais ça c’est une très mauvaise habitude. J’écris mieux en silence.

Acte #08 – Quel est ton genre préféré en écriture ? Et en lecture ?
J’aime tout et j’espère écrire de tout.

Acte #09 – Comment trouves-tu l’inspiration pour tes personnages ? Explique comment tu procèdes pour les créer.
Ils viennent comme ça. C’est difficile à expliquer.
Certains viennent de rêves, ou d’images fugaces, mais souvent, ils s’imposent de suite. Je les ai devant les yeux et je sais que ce seront eux. Sur les challenges d’écriture, où on part souvent d’une situation, je vais chercher d’abord le personnage qui va participer à l’action. Sur les textes courts, inutile de les construire, ils arrivent tous seuls. Au fil du texte ou au fil de la construction du texte. Pour les romans, j’essaie de faire plus attention, mais même là, certains personnages secondaires ne prennent leur consistance qu’à l’écriture.

Acte # 10 – Quelles sont les situations les plus étranges ou farfelues dans lesquelles tes personnages se sont retrouvés ?
Je n’avais pas prévu que Manou doivent couper un tentacule extra-terrestre (il devait être un peu plus passif ^o^), ou que Gladys deviennent la victime d’un rituel sacrificiel. Mais je crois que le plus… bizarre, va être de faire acheter à mon chasseur de vampires, Alexandre, une poupée Barbie (pour le Noël 1986) Il n’a jamais mis les pieds dans un magasin de jouets ! (Ce sera une Barbie Marina, la même que j’ai eu à l’époque)

Acte 11# – Quel est le personnage que tu préfères mettre en scène ? Quel est le personnage que tu aimes le moins ?
Je les aime tous.

Fin 🙂

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Publié par le 9 juillet 2012 dans écriture

 

Questionnaire pour écrivain

Je l’ai piqué chez Téo 🙂

 

Acte #01 – Quel est ton projet / univers d’écriture préféré ?
Les Chasseurs. Question assez facile puisque le projet « traîne » depuis plus de dix ans (bientôt quinze en fait) Il a débuté après la sortie au cinéma d’Entretien avec un vampire, de Neil Jordan. Coup sur coup j’ai lu la série d’Anne Rice, puis Dracula de Bram Stoker. Je me suis essayée à Poppy Z. Brite, j’ai adoré Vampires de Carpenter et From Dusk till Dawn de Robert Rodriguez et Quentin Tarantino. Et tout ce temps-là le projet a mûri.
J’ai commencé par trois nouvelles, dont la première a été publiée au Calepin Jaune il y a… longtemps. Puis j’ai commencé à rédiger un thriller horrifique. Puis cela c’est transformé peu à peu en une chronique s’étalant sur presque quarante ans.
C’est du fantastique urbain revendiqué, avec un réalisme assumé. Mon univers préféré, de toute façon, c’est notre monde à nous, même si j’apprécie quelques incursions en fantasy.

Acte #02 – Combien de personnages as-tu ?
Je me concentre la plupart du temps sur très peu de personnages : entre un et quatre, voire cinq. Mais j’adore jouer avec les personnages secondaires, que je brosse en deux ou trois phrases. Du coup on peut dire que j’en ai beaucoup…

Préfères-tu les personnages masculins ou féminins ?
Pendant longtemps cela n’a été que des hommes. Comme le signale Teo sur son blog, il y a un vrai problème avec les personnages féminins. Surtout quand on a été élevé avec des figures très monolithiques de princesses à sauver et de cruches professionnelles. Et les « femmes fortes » tombent souvent dans la caricature. De plus, celles qu’on nous présente dans les médias sont des femmes fortes, oui, mais fantasmes complets d’auteurs et lecteurs hommes (comme Lara Croft ou, pire encore, Emma Frost, qu’au demeurant j’aime beaucoup comme perso)
Mais bon, avec de telles figures, et surtout quand, comme moi, on a passé quelques années à n’écrire que du slash, c’est compliqué de se réapproprier le personnage féminin : il faut déjà apprendre à l’aimer. Je pense (psychologie facile), que dans mon cas, il a d’abord fallu me raccommoder avec moi-même, et me souvenir de quelques personnages féminins vraiment réussis, dans leurs qualités et leurs défauts (celles qui me viennent à l’esprit sont Ellen Ripley, la mère des enfants de ET, Eowyn, les héroïnes d’Hitchcock, bref, des femmes très différentes les unes des autres)
Du coup, le héros de mon premier roman est une héroïne 🙂

Acte #03 – Comment décides-tu des noms de tes personnages (et des lieux s’ils sont fictionnels) ?
Il y a TOUJOURS un Alexandre dans mes histoires (dans mon premier roman c’est Iksander) Sinon j’y vais à la sonorité, à l’histoire, au lieu. Je reste toujours très ancrée dans la réalité donc ce sont toujours des noms qui existent. Je n’aime pas les inventions qui font « fantasy », ça m’énerve.

Acte #04 – Racontes-nous une de tes premières histoires / un de tes premiers personnages.
C’est un mélange d’Alice au pays des merveilles et de la chanson Heart Shapped Box de Nirvana. L’histoire d’une petite fille dont le frère est mort d’une overdose et qui va le chercher au fond d’une boîte de chocolat en forme de cœur.

Acte #05 – En âge, quel est ton personnage le plus jeune ? et le plus âgé ? et chronologiquement, quel est le plus récent et le plus ancien ?
Mon personnage le plus jeune, pour l’instant, c’est Manou, le petit héros du Bal des Méduses. Joachim, des Chasseurs, n’est pas encore assez bien construit dans ma tête pour que je lui donne un âge précis, et surtout un âge où il deviendra un vrai personnage plutôt qu’un « objet » d’intrigue.
Le plus vieux vient des Chasseurs aussi, c’est Andrew Patrickson, le grand-père d’Alexandre, né vers 1910, et toujours vivant !
Chronologiquement, mon héros le plus récent est le voyageur du temps des Pieds Nus, puisqu’il n’est pas encore né. Le plus vieux est David, jeune sorcier du Moyen-Âge reconverti en maître vampire.

 
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Publié par le 9 juillet 2012 dans écriture

 

Lundi, c’est déclencheurs : un conflit frontal.

Sur son blog, Lionel Davoust a lancé il y a une semaine de cela un petit défi à ses lecteurs, basé sur les ateliers d’écriture du club Présence d’Esprit. Le premier thème, posté lundi dernier, était celui d’un conflit frontal. Malade la moitié de la semaine, je pensais l’avoir raté, et puis, finalement, je me suis dite que comme reprise d’écriture, ce serait pas mal.
Je vais tenter de faire ça toutes les semaines.
Chaque exercice dure 20 minutes sur un thème imposé mais pas particulièrement restrictif 🙂
Comme j’ai souvent le réflexe de vouloir écrire des nouvelles complètes en une seule fois, je vais les poster ici aussi…

Déclencheurs : un conflit frontal.

Ma main tremble à peine. Je la regarde, interloquée. Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit, ou, pour tout dire, je n’ai même pas dormi depuis une semaine. Je m’attendais donc à être dans un état catastrophique ce matin, et puis non. Je ne sais si je dois m’en réjouir ou pas.
Spencer est venu me chercher, comme à son habitude, à six heures trente. Il ne me quitte plus d’une semelle depuis l’arrivée du premier colis. Certes c’est le staff de la sécurité qui l’a mandaté, mais même s’ils ne lui avaient rien demandé, il se serait porté volontaire. Spencer est comme un père pour moi. Il m’a accompagné toute ma carrière, depuis ma première campagne de candidate députée.
Nous nous sommes imposés la règle du petit-déjeuner. Mon estomac a été moins fort que ma main. Je n’ai pu avaler qu’une demie tasse de café. Je ne mange pas beaucoup d’habitude, mais le petit-déjeuner est mon moment favori. Je peux lire la presse tranquillement, mon portable est encore éteint, je n’ai pas d’ordinateur allumé et mon conseiller en communication a pour devoir de ne pas venir frapper à ma porte avant sept heures et demi. Aujourd’hui il ne viendra pas.
Il est occupé à préparer ma conférence de presse.
Pour rire, il y a deux jours, je lui ai demandé de préparer ma rubrique nécrologique. Il l’a pris au second degré :
« Ne vous inquiétez pas, Madame la Présidente, ce n’est pas le premier débat auquel vous participez ! »
Il en avait oublié les colis. Ou peut-être a-t-il confiance en ma garde rapprochée.
J’ai confiance en Spencer bien sûr, qui sirote un jus d’orange à côté de moi. D’une seule main, l’autre prête à sortir son arme et à se jeter sur moi. Mais que peut faire Spencer ?
Dans les colis, il y avait des bouts de cadavre. On a su après expertise qu’il s’agissait de mon ex époux, disparu deux jours plus tôt. Rien n’accompagnait ce cadeau, mais tout le monde l’a pris très au sérieux.
Il ne fait pas bon être une femme politique dans mon pays. Surtout pas une Présidente. Surtout pas une réformatrice. Surtout pas une femme. Surtout pas dans ce pays.
Je me lève. Il est temps de partir.
Je remets en place mon tailleur. Le dernier qui me reste. La sécurité refuse que j’aille faire les boutiques et qu’un tailleur vienne me voir, trop dangereux. Et quant aux colis… Inutile d’en parler.
Pour le débat d’aujourd’hui, la veille du vote qui m’a couté tant, j’ai décidé de forcer le destin. Il est hors de question de choisir une vidéo conférence. Que penseraient mes électeurs ? Les citoyens de ce pays, eux aussi menacés, tous les jours, partout ? On ne compte plus les demandes de rançons, les peaux de vin, les enlèvements, les menaces. Je suis concernée. Mon fils a été enlevé il y a une semaine. Mais tous les fils et toutes les filles de ce pays qui ont disparu, tous les pères et toutes les mères, tous les individus sont mes enfants, et c’est pour tous que je dois faire un effort.
La porte s’ouvre vers le garage. Je secoue la tête.
« Non. »
Spencer n’est pas d’accord. Passer par le porche est trop dangereux. Il y a plus de huit mètres entre la porte et la voiture blindé. Et des tas de journalistes.
« Je sais. »
Je souris.
Mes lèvres tremblent aussi peu que ma main.
« Mais ce jour est important. Je ne dois rien laisser au hasard. »
Est-ce que j’ai bien fait mon travail ? Ai-je été une bonne élue ? Une bonne présidente ? Pour tout dire, je n’en sais rien. Je n’en sais toujours rien quand mes pas me mènent sur le chemin dallé, à l’extérieur de ma maison.
Il n’y a que sept mètres.
Je sais que je n’irai jamais à ce débat. Je n’en aurai pas les moyens.
Mais ces dizaines de caméras qui me filment, ces journalistes qui me houspillent, ces photographes qui tirent mon portrait, fatigué, vieilli d’une présidente en fin de parcours, d’une épouse veuve et d’une mère éplorée, tous cela, je veux leur montrer que je vais jusqu’au bout de mes convictions. Et que ces convictions continueront à grandir et à se propager bien après que la balle éclabousse mon dernier tailleur.
Spencer s’est jeté sur moi, mais il y avait plusieurs tireurs.
J’aurai préféré qu’il ne soit pas blessé. Quant à moi, je pensais avoir plus mal que cela.
Je m’éteins sur le chemin d’un débat politique, noyant de mon propre sang les dalles de marbres de mon jardin et je souris. Je ne tremble plus. J’ai gagné.
Le combat ne fait que commencer.

 
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Publié par le 8 juillet 2012 dans écriture

 

Comme un poison dans l’eau – Yan Marchand

Cette lecture fait partie du challenge SFFF 100% VF ! organisé par Cécile Duquenne sur son blog de littératures francophones de l’imaginaire.

Titre : Comme un poison dans l’eau
Auteur :
Yan Marchand
Editeur :
Griffe d’Encre
Nombre de pages :
69 pages (novella)

Quatrième de couverture :

Meizi est une impératrice chinoise ; c’est aussi le nom que Walter a donné à son poisson rouge.
Majestueux et glacial, l’animal ne demande ni ne donne rien  : il est fascinant. Walter en tombe amoureux. Et leur histoire aurait pu durer mille ans, mais une rumeur circule en ville : il y a un poison dans l’eau.

A lire absolument si on aime :
– une très belle écriture
– les personnages fascinants (mais un poil antipathiques)
– les poissons japonais
– les descriptions de la nature humaine sous toutes ses formes

A éviter si on cherche :
– une histoire complète
– une morale
– un esprit sain dans un corps sain
– à étancher sa soif

L’avis du critique :
Lu dans le cadre d’un challenge. La quatrième de couverture m’avait laissée relativement indifférente (relativement seulement, car je commence à connaître la ligne éditoriale de Griffe d’Encre, et j’aurai donc forcément fini par lire cette novella à un moment ou à un autre)
La surprise en a été encore meilleure.
Plongeant dans les méandres d’une âme humaine assez particulière, celle d’un sociopathe en puissance (mais pas dangereux, ou si peu), Yan Marchand utilise un style assez magnifique pour nous faire partager cette histoire post-apocalyptique du côté de la non-action. Une fin de monde en huis-clos quasiment, avec une réflexion (ou un constat) sur ce qui fascine et révulse dans la nature humaine. S’effrayer de partager l’avis du héros sur ses congénères, et partager son dégout pour les autres, voilà quelque chose de bien singulier.
Comme un poison dans l’eau constitue une agréable gourmandise. Peut-être à ne pas mettre entre toutes les pattes de lecteurs, mais qui n’ose pas, ne découvre rien 😉

Le petit plus du livre :
La couverture, une fois de plus chez Griffe d’Encre, sublime de lumière.

 
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Publié par le 8 juillet 2012 dans lectures