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Ceux qui marquent

20 Avr

Dans le dernier article (enfin article, la dernière note) de ce blog, je parlais de ce paradoxe qui fait que je me trouve plus d’influences dans le cinéma que dans la littérature. Je ne vais pas développer aujourd’hui. Ou plutôt je vais me concentrer sur un cas en essayant, à ma modeste mesure, de rendre hommage à un écrivain qui m’a énormément marquée… mais que je n’ai jamais lu.

A l’âge encore doux et innocent de dix ans et demi (printemps/été 1988), ma grand-mère fit quelque chose qu’elle n’avait sans doute jamais fait avant et ne referait pas plus tard : elle m’emmena au cinéma. Il devait pleuvoir ou on devait s’ennuyer, et je ne sais vraiment pas quel hasard nous fit voir ce film-là, un de mes premiers vrais films de grand (c’est-à-dire pas un dessin animé) Il s’agissait de L’Empire du Soleil de Steven Spielberg, inspiré du livre semi-autobiographique de J.C. Ballard. J’en ai développé une grande admiration pour Spielberg (qui ne s’est jamais véritablement démentie), un amour pour la chanson « Suo Gan », une fascination pour Jonh Malkovich, et aujourd’hui je peux briller en société en disant avoir vu le premier film de Christian Bale au cinéma.
Le thème des gamins jetés sans aucune compassion dans le monde adulte, un monde anarchiste, dangereux et mortel, où la survie est tout ce qui compte et où la fraternité est aussi absolue que fragile, il y avait tout ça dans L’Empire du Soleil, et je savoure chaque revisionnage, les larmes aux yeux (et en larmes tout court lors de la scène de fin, je ne l’ai jamais vu sans un mouchoir à la main)

Sautons une dizaine d’années et retrouvons-nous en 1996. A l’âge boutonneux où je préférais les salles obscures au shopping (et au cours de Fac…), et où les Inrockuptibles me semblaient le summum du bon goût (j’en suis revenue, pauvre petite provinciale que j’étais, attirée par les lumières de boboland), à l’âge de presque 19 ans quand même, je découvre David Cronenberg.
J’avoue n’avoir absolument aucun souvenir de Crash, adapté du roman éponyme de J.C. Ballard. Mais vraiment rien. J’ai acheté le DVD, je n’ai jamais osé le regarder, de peur d’être déçue, de peur surtout de ne plus y voir toutes les choses que j’y avais vu à 18 ans.
La seule image qui me reste, due surtout à la promo du film, reste ce plan sur les jambes métallisées et cicatrisés de Rosanna Arquette. J’en ai tiré ce qui restera sans doute, pour mon inconscient de fille presque rebelle, un des plus forts symboles de l’érotisme contemporain. Un psy freudien me répliquera peut-être que m’étant retrouvée, nourrisson encore, avec un jambe en ferraille, mon subconscient sexuello-oedipien avait du en prendre un sacré coup. Peut-être, mais quand même, quelle image. J’en ai développé un intérêt certain pour le corps, intérêt qui m’a fait suivre de près la carrière de David Cronenberg et découvrir Le Mouche plus tard, et un autre Viggo Mortensen il n’y a pas très longtemps.
J’ajoute que Crash a du en rajouter quand à ma fascination morbide pour les bagnoles et les gros engins (sans double sens je vous prie) dans mon imaginaire, alors qu’en réalité j’ai une très grande phobie des voitures (non feinte, demandez à n’importe qui m’ayant déjà prise en voiture)

On pourra dire donc, en guise de conclusion (on dirait vraiment un article construit !) que J.C. Ballard a contribué à mon façonnement intérieur. Aujourd’hui qu’il vient de disparaître, je me demande sincèrement si je devrai le lire, dépasser l’écran de cinéma pour me frotter à ses mots à lui.
Sauf que j’ai peur de ne pas l’apprécier. Un peu comme ne voulant pas vraiment découvrir Chuck Palahniuk alors que j’ai adoré Fight Club. Ca va être ma grande interrogation de la semaine.

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3 Commentaires

Publié par le 20 avril 2009 dans écriture, cinema

 

3 réponses à “Ceux qui marquent

  1. intercalaire

    20 avril 2009 at 8:28

    Tu m’as donné envie de faire des recherches sur l’Empire du soleil et maintenant… j’ai trop envie de le voir !
    (tu l’as en DVD ou je succombe à Price Minister ? XD)

     
  2. intercalaire

    20 avril 2009 at 8:31

    Rah, c’est parti avant que j’ai fini mon commentaire !
    Bref, je voulais rajouter que je comprends ce que tu veux dire par rapport à l’image des jambes métallisées et cicatrisés de Rosanna Arquette.
    Comme tu le sais, je suis restée totalement hors du film qui m’a semblé absurde et incompréhensible MAIS, cette image là, je l’ai trouvé très belle, de même que le personnage en question qui a été pour moi le plus intéressant de tout le film. ^^

     
  3. elicad

    20 avril 2009 at 8:50

    Marie: Mes parents ont peut-être le film, il faut que je vérifie (de toute façon je veux le revoir aussi ^^

     

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