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Caractérisations : Lon Suder – Star Trek Voyager

11 Juil

Etant plongée jusqu’au cou dans mes corrections (qui avancent), je deviens plus sensible (encore plus qu’avant) à un sujet qui me passionne, la construction de personnages. Autant je trouve que construire un monde, c’est sympa, qu’inventer des situations, c’est rigolo, que modifier des technologies c’est ennuyeux (j’aime vraiment pas ça), autant inventer des personnages, c’est magique. Et du point de vue du spectateur-lecteur, découvrir des personnages intéressants, bien construits, profonds, m’est encore plus jouissif que de me laisser porter par une bonne histoire.
Donc parlons de personnages que j’aime, de types que j’aimerai un jour utiliser dans mes propres histoires.

En commençant à regarder Star Trek, je ne pensais pas trouver les Vulcains aussi intéressants. Je pensais que ce n’était que des êtres froids, logiques, tellement refoulés qu’ils en deviennent complètement inintéressants. Ce que j’ai découvert avec T’Pol (Star Trek Enterprise) et Tuvok (Star Trek Voyager), c’est que ce refoulement est intéressant quand il est attaqué, qu’il résiste, et que finalement, il se libère. On est en fait assez proche de la caractérisation de certains serial killers, chers aux thrillers, des gens qui ont l’air très très calmes, très très sages, très très posés, très très intelligents, mais qu’il vaut mieux ne pas trop titiller.
Et là j’en viens à un autre personnage de Star Trek qui m’a bouleversée et qui, au contraire des Vulcains, n’a que peu à voir avec la science-fiction.

Lon Suder a fait partie du maquis, un groupe de résistants en bisbille avec la Fédération. Au début de Star Trek Voyager, son groupe est capturé par le Voyager mais, suite à un (gros) incident qui envoie le vaisseau un peu trop loin de la Terre, les maquisards sont intégrés à l’équipage.
Il se trouve que Lon Suder n’est pas entré dans le maquis par motivation politique, mais pour assouvir ses instincts violents. Parfait petit serial killer, il arrive à se fondre dans l’équipage, jusqu’au moment où il craque. Confiné dans sa chambre, grâce à l’aide du Vulcain Tuvok, Lon apprend à diriger ses instincts et à trouver une certaine paix avec lui-même. Et il veut servir le Voyager, se rendre utile.
Les évènements font que Lon va être obliger de laisser ses instincts reprendre le dessus pour sauver Voyager.
Les doutes du personnages sont magnifiquement décrits : sa volonté de ne pas céder, de ne pas perdre les timides avancées qu’il a fait pour se contrôler, et aussi son soulagement mêlé de désespoir quand il se rend compte que son corps n’a rien oublié de la manière la plus efficace de tuer.
L’ambivalence d’un tel personnage aurait pu être difficile à transcrire, mais c’était sans compter des scénarios intelligents (l’histoire de Lon Suder se déroule sur trois épisodes, et c’est largement suffisant) et une interprétation à la mesure du personnage. Brad Dourif est un acteur trop peu reconnu, mais du genre dont on se souvient. Lon Suder est à la fois très éloigné, et très proche, du personnage qu’il incarnait dans le Seigneur des anneaux, et je témoigne que son jeu d’acteur dans une série un peu kitsch de SF n’a rien à envier à celle du blockbuster de Peter Jackson.

Dans le genre « personnage à la violence contenue », Lon Suder est sans doute un excellent exemple de réussite.

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Publié par le 11 juillet 2010 dans écriture

 

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