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Jacqueline Carey – Kushiel : La marque

07 Juin

Phèdre nô Delaunay a été vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant. Habitant désormais la demeure d’un haut personnage de la noblesse, pour le moins énigmatique, elle y apprend l’histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout… les arts du plaisir. Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d’elle la plus convoitée des courtisanes… et une espionne précieuse. Rien ne paraît pourtant lui promettre un destin héroïque. Or, lorsqu’elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d’Ange, elle n’a d’autre choix que de passer à l’action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’embûches, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.

Bon alors, si je n’avais pas entendu parlé de très nombreuses fois de ce bouquin, je ne l’aurais sans doute jamais ouvert ! Déjà je déteste la couverture. Certes, elle est très jolie, mais justement, moi, les beautés dramatiques qui se sacrifient dans une pseudo luxure politiquement correcte, ça me gonfle. Et c’est bien tout ce que cette jolie image (et ce quatrième de couverture) avait à me proposer. J’étais donc plus que perplexe.
Mais la curiosité (pas uniquement littéraire je l’avoue, mais on ne sort pas indemne de plusieurs années de découvertes en médias érotiques, hmhm) a fait que…

Ca a commencé tout de même très mal : l’héroïne est belle dans un monde où tout le monde est beau, mais elle est très malheureuse parce qu’abandonnée par ses parents et maudite (mais pas bossue, ni pied bot, ni déformée sur une quelconque partie de son corps ; non, elle a juste un tache dans l’iris, holala quelle horreur) Mais bon, elle se fait adopter par un riche noble intelligent, gentil, beau et généreux. J’avoue que jusque là, seule la très belle plume de Jacqueline Carey m’a empêché de refermer l’imposant volume. Mais l’auteur sait comment rendre son lecteur avide de savoir, à chaque fin de chapitre (courts et denses), on ne veut qu’une seule chose, c’est de connaître la suite.

Et puis, au fur et à mesure de ma lecture j’ai découvert des intrigues politiques plus complexes que ce que je n’aurais pu imaginé, et surtout une floppée de personnages secondaires fort bien écrits. Exemple: notre héroîne (qui pourrait tomber dans le complexe de la Mary Sue, sauf que l’auteur est assez intelligente pour ne jamais le faire) est follement amoureuse de son sauveur ; sauf que non, que rien n’arrivera jamais et que l’on est à la fois rassuré de sa frustration et aussi un peu frustrés nous même. Puis l’auteur lui met dans les pattes un écuyer voué au célibat ; mais là aussi, au lieu de nous entraîner dans une romance gnagnan (des fois on a peur d’y tomber aussi, mais jamais vraiment), on se retrouve face à un Lancelot sombre et bien plus intéressant, oserai-je le dire, que la plupart des Lancelot fades que les médias récents ont pu nous servir. On a un triangle amoureux (le truc qui m’a foutu la trouille durant tout le livre) mais qui finalement se résout d’une manière originale.
En résumé, Kushiel tangue toujours entre le très bon et le très mauvais. Pour caricaturer, on a une belle héroïne maudite et malheureuse qui se trouve entre un garçon qui brille (pas du téton mais presque) et un garçon à la peau mate et sauvage. Ca fait peur hein. Ben, la surprise en est d’autant plus meilleure.
Je salive rien qu’à l’idée de pouvoir lire la suite bientôt, même si le pavet va me demander quelques jours pour m’en remettre.

Alors bien sûr il y a aussi le fait que notre héroïne est une putain spécialisée dans les plaisirs sado-masochisme (je me demande quels vont être mes futures résultats en critères de recherche….) et il y a des…. scènes ! Oh My God !
Bon alors je dois être trop vieille, trop blasée, ou je ne sais quoi, mais j’ai trouvé cela assez sage, bien que cela change agréablement de l’hypocrisie suintante des nombreuses autres oeuvres de fantasy (du genre : « oh ! je suis vendue comme esclave mais je ne suis pas violée ou je n’en ai aucune conséquence ! » ou du genre « oh ! nos regards se sont croisés, nos corps s’attirent l’un à l’autre… mais on va prendre soin de fermer la porte de la chambre à coucher et de faire une jolie élypse ») Du coup c’est plutôt rafraichissant, d’autant que l’auteur construit les personnages des clients de Phèdre avec un talent certain, assez du moins pour ne jamais les considérer comme des monstres ou des pervers (du moins, pas trop)

Bref, Kushiel, il faut essayer. Pour moi, c’est du tout bon !

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3 Commentaires

Publié par le 7 juin 2010 dans lectures

 

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3 réponses à “Jacqueline Carey – Kushiel : La marque

  1. Blackwatch

    8 juin 2010 at 6:55

    ah pour le triangle amoureux, j’aurais plutôt vu Phèdre – Joscelyn ( je suis sûre d’écorcher son nom) et Mélisandre. Mais c’est vrai que le garçon à la peau mate joue un grand rôle 😀
    Faudra que je relise ce tome I !

     
    • elicad

      8 juin 2010 at 7:06

      Disons que dans ce volume-là, les fois où Phèdre rencontre Mélisande, Joscelin n’est pas là ou n’est encore que dans son rôle de garde du corps. Ce qui fait que les confrontations sont relativement rares. Alors que lors de leur voyage, il y a beaucoup plus de grains à moudre 🙂
      Bon du coup j’ai lu les premières pages du second volume à la librairie. Si le second volume n’est pas rendu à la médiathèque avant samedi, je sens que je vais craquer et l’acheter, et ça serait mal.

      Je n’ai pas parler dans mon billet de tous les défauts que j’ai vus, défauts d’écriture, mais il faudra qu’on en parle la prochaine fois qu’on se verra !

       

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