RSS

B comme Boxe ; B comme Bêta-lecture

12 Mai

J’adore bêta-lire, mais je crois que je déteste lire des bêtas. Attention, attention, ceci n’est pas une déclaration de guerre contre la bêta-lecture, l’invention la meilleure du monde qui permet de s’améliorer sans cesse et de briller aux yeux des comités de lecture, des collègues de boulot et de papa-maman.
Mais on a vite fait de dire que la bêta-lecture, c’est la panacée, le paradis sur terre et je ne sais quoi d’autre, parce qu’on a très envie de défendre ce système de travail. Sauf qu’on oublie de temps en temps, on s’auto-convainc, surtout quand cela fait un moment que l’on n’a plus rien présenté…
Jusqu’au moment où…
On se prend un crochet du droit, du gauche, de partout.
On vrille, on tourne, on baisse la tête, on crache par terre un mélange de salive et de sang, on secoue la tête, histoire de se remettre la tête en place, on serre les poings, on sent que nous aussi, on a des gants de boxe, bien fixés, à notre taille, et on se retourne.
Le mec en face, qui est souvent plusieurs, on le voit pas très bien au premier abord. On le voit grimaçant, grand, fort, rieur et moqueur même. C’est normal, la vue se brouille quand on vient de se faire mettre à terre. Il y a ça et puis quelques larmes de fierté, du genre qu’on cache sous la sueur, ces grosses gouttes qui s’échappent et tombent lourdement à terre.
On a envie de gueuler, de se défendre, en oubliant toutes les règles du noble sport qu’on a pourtant apprises depuis des années.
Quelques directs qui ratent leurs cibles, certaines y arrivent pourtant, le combat s’intensifie, mais ça devient plus un combat de coqs qu’autre chose. C’est mauvais, la fin du round sonne, on s’assoit sur son tabouret, on entend à peine les pom pom girls et l’entraîneur qui veulent vous faire entendre raison. C’est votre combat, merde, et qu’est-ce qu’ils y connaissent tous ?
Votre regard se porte de l’autre côté du ring, et là, doucement, lentement, mais avec une vitesse hallucinante, vous comprenez.
Oui il y avait des coups pour rien, des coups qui n’étaient pas là forcément pour vous faire mal, mais qui ont raté leur cible, qui étaient inutiles, et contre lesquels vous pouvez très bien, maintenant que vous y voyez plus clair, poser tous les arguments que vous avez dans votre poche.
Et puis il y avait tout le reste. Des trucs pour rendre le combat plus beau, pour vous rendre plus fort, pour que le public en ait vraiment pour son argent, les beaux gestes de ceux qui appellent une belle réponse de votre part.
Vous avez encore quelques rounds à combattre, vous savez que vous n’en sortirez pas indemne, mais transformé. Et ce serait trop la honte de partir en plein combat.

Publicités
 
5 Commentaires

Publié par le 12 mai 2010 dans écriture

 

Étiquettes :

5 réponses à “B comme Boxe ; B comme Bêta-lecture

  1. macalys

    12 mai 2010 at 10:54

    Relève-toi ! Reprends le combat ! Ne déçois pas ton fan club !
    *nuée de coeurs d’encouragement*

    (Petite remarque en passant, le design texte blanc sur fond noir de ton blog m’arrache les yeux ;_;)

     
    • elicad

      15 mai 2010 at 10:08

      J’essaie de trouver un design sympa, mais aucun de me plaît…

      J’ai l’impression de le décevoir au contraire, surtout quand je me rend compte que pour certaines remarques, en travaillant un peu plus sérieusement, j’aurai pu les corriger de moi-même. C’est très déprimant. M’enfin, faut continuer de toute façon.

       
  2. Scribo Loutre

    13 mai 2010 at 11:33

    Les bêtas sont là pour cogner, au delà de toutes les précautions oratoires qu’ils prennent.

    Il ne reste à l’auteur qu’à accepter. Accepter que son style ne soit pas aussi parfait qu’il le pense, accepter d’être passé à côté de son texte, accepter d’avoir massacré une excellente idée avec une narration bancale.

    Et recommencer, toujours… parce que ça ne sert à rien de se battre pour laisser tomber.

     
  3. Silène

    15 mai 2010 at 7:33

    Je t’envoie aussi plein de baisers en chocolat pour te réconforter. Cela n’est pas facile, c’est bien certain mais j’ai toujours de la fierté à ravaler la mienne pour améliorer le texte et obtenir un deuxième retour validant mes efforts !

     
  4. NB

    15 mai 2010 at 11:25

    C’est vrai qu’on oublie quand ça fait longtemps qu’on a pas posté. Et ça fait toujours mal, même si ça fait des années qu’on pratique…

    Courage !

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :