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La Horde du contrevent – Alain Damiaso

15 Avr

Imaginez une Terre poncée, avec en son centre une bande de cinq mille kilomètres de large et sur ses franges un miroir de glace à peine rayable, inhabité. Imaginez qu’un vent féroce en rince la surface. Que les villages qui s’y sont accrochés, avec leurs maisons en goutte d’eau, les chars à voile qui la strient, les airpailleurs debout en plein flot, tous résistent. Imaginez qu’en Extrême-Aval ait été formé un bloc d’élite d’une vingtaine d’enfants aptes à remonter au cran, rafale en gueule, leur vie durant, le vent jusqu’à sa source, à ce jour jamais atteinte : l’Extrême-Amont.
Mon nom est Sov Strochnis, scribe. Mon nom est Caracole le troubadour et Oroshi Melicerte, aéromaître. Je m’appelle aussi Golgoth, traceur de la Horde, Arval l’éclaireur et parfois même Larco lorsque je braconne l’azur à la cage volante. Ensemble, nous formons la Horde du Contrevent. Il en a existé trente-trois en huit siècles, toutes infructueuses. Je vous parle au nom de la trente-quatrième : sans doute l’ultime.

Présenté sur Tintamarre, le blog sympa de la mare, grâce aux lecteurs grenouillesque et à la magnifique section Dissections batraciennes, La Horde du contrevent avait attiré mon oeil. Du moins le titre car je n’en avais lu aucune critique. J’aime les surprises et j’ai juste vu que cette histoire semblait avoir émoustillé quelques personnes. Le livre de poche en poche, me voilà à lire ce léger pavé.
Première impression : aïe. Il y a 23 personnages, à chacun est attribué un signe de ponctuation, indiquant, directement dans le texte, qui parle. Changement donc de point de vue toutes les dix ou vingt lignes en moyenne. Mais comment je vais pouvoir me rappeler de tout ça ? Eh bien en s’aidant de l’index et en comptant sur le talent de l’auteur à caractériser chacun de ses personnages, ce qui marche, du moins pour certains. La difficulté n’en est pas une au final.
Seconde impression : j’ai dévoré le bouquin en quelques jours, transportés non seulement par la langue très maîtrisée de l’auteur, mais aussi par l’histoire, par ses personnages et les épreuves qu’ils traversent. La dernière partie m’a tenue en haleine avec un force peu commune et, même si l’ultime fin est visible à trois kilomètres, et même plus, elle ne pourra que vous arracher des larmes. A vous de définir des larmes de quoi.
Le livre a ses défauts : trois phrases/références en milieu d’intrigue qui sortent complètement le lecteur de ce monde imaginaire ; quelques personnages un peu énervants mais dont l’attitude est finalement logique (je pense notamment à ces filles se comportant comme des gamines de 14 ans alors qu’elles en ont 40… mais vivant en milieu fermé depuis trente ans, et depuis l’âge de 12 ans, affrontant les dangers et choyées par leurs compagnons… pourquoi pas ?)
Mais à côté des qualités, pourquoi s’en attrister ?
La Horde du contrevent, bien que vieux maintenant de quelques années, est clairement mon gros coup de coeur 2010, en attendant qu’un autre livre me donne une même claque.

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3 Commentaires

Publié par le 15 avril 2010 dans lectures

 

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3 réponses à “La Horde du contrevent – Alain Damiaso

  1. NB

    17 avril 2010 at 11:43

    J’ai eu un coup de coeur aussi (mais en 2008, il me semble). Quelle claque ce livre !

    Maintenant, quand il y a du vent (souvent par ici), je l’affronte avec un petit sourire en me disant que c’est de la gnognotte par rapport à la horde !

     
    • elicad

      18 avril 2010 at 10:34

      Je fais pareil, et de plus, j’adore le vent !

       
  2. Algésiras

    21 avril 2010 at 12:48

    Contente que ça t’ait plu, j’avais aussi fait un post y’a un bail (en 2007 je crois) sur mon blog mais c’est surtout le genre de bouquin qu’on a envie d’offrir à tous les gens qui aiment les univers imaginaires (je l’ai offert à mon père d’ailleurs, et conseillé à plein de gens). J’ai vraiment trouvé ça hyper original et bien écrit. De mon côté c’est la façon dont certains persos sont zappés à la fin, de manière parfois un peu ridicule, qui m’a dérangée. Pas la toute fin qui fonctionne bien. Et c’est clair que ça reste en tête, un livre bien marquant. ❤

     

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