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Ta-Shima, Adriana Lorusso

24 Mai

Pendant huit siècles, la planète Ta-Shima est restée à l’écart de la Fédération des mondes humains. Deux races humaines très différentes mais complémentaires y coexistent : les Shiro, seigneurs arrogants et sanguinaires, prêts à s’entre-tuer pour une simple question d’honneur et les Asix, trapus et velus, qui vouent aux Shiro une admiration sans bornes et que ceux-ci doivent protéger en toute circonstance. Mais l’équilibre entre les deux races est bien plus subtil qu’il n’y paraît, comme le découvrent peu à peu l’ambassadeur de la Fédération et sa suite. La dirigeante de Ta-Shima étant morte dans un accident plutôt suspect, les membres du conseil décident de rappeler sur leur monde une doctoresse rebelle, Suvaïdar Huang. Mais Suvaïdar n’a aucune envie de rentrer à la maison : la vie est nettement plus commode sur les planètes hyperdéveloppées de la Fédération. Sous la pression des événements, elle sera néanmoins obligée de s’enfuir pour Ta-Shima, en compagnie de son frère. Parviendra-t-elle à abandonner ses habitudes étrangères pour redevenir une authentique Shiro? Et découvrira-t-elle le secret de Ta-Shima, qui doit être protégé à tout prix ?

Premier livre ramené d’Epinal achevé, en un temps relativement court pour une telle masse de pages. J’ai découvert l’auteur, Adriana Lorusso sous des jours particulièrement agréables et je partais donc sur des a priori positifs en ouvrant Ta-Shima.

J’avoue à la fin de la lecture que j’ai à la fois adoré ce livre et que j’en suis également ressortie circonspecte. Ce léger refroidissement est sans nul doute dû à la structure même du roman qui, en plus de se finir un peu en queue de poisson (mais je ne peux revenir là-dessus sans spoiler l’histoire, ce qui ne se fait pas) part un peu dans tous les sens après une excellente introduction où les chapitres sur l’enfance de l’héroïne s’équilibrent avec ceux sur sa situation actuelle. On ne sait trop quel thème l’auteur veut vraiment approfondir : le personnage en révolte de Suvaïdar, les relations entre les « Civilisés » et Ta-Shima ou bien le secret bien gardé de cette population étrange ?

Le premier sujet est sans doute le moins intéressant, car le moins original. De plus Suvaïdar est un personnage relativement complexe qui peut paraître très sympathique pendant une page, puis complètement idiote (ou plutôt antipathique) quelques lignes plus tard. Je ne suis pas vraiment arrivée à m’attacher à elle, alors que cela a été beaucoup plus facile pour certains personnages secondaires. De plus sa « fin » m’a paru très artificielle (tro vite amenée peut-être), quoique intéressante et originale.
Les relations entre Ta-Shima et la Fédération étaient elles beaucoup plus intéressante. Si la Fédération est présentée comme une civilisation unitariste et patriarcale dans ce que cela peut avoir de plus extrémistes (les exceptions culturelles ne doivent pas exister, les femmes ne sont là que pour leur beauté), on se rend très vite compte que les personnes qui la composent ne présentent pas un visage unique. A ce titre la famille de l’Ambassadeur, et l’Ambassadeur lui-même, sont des personnages très réussis, malheureusement trop peu présents. D’un autre côté la société matriarcale de Ta-Shima (inspirée des sociétés anciennes asiatiques, et surtout japonaises) présente de grands avantages mais également des aspects proprement barbares. Et chacun étant sûr de sa supériorité culturelle et raciale par rapport à l’autre, sans que jamais l’auteur ne prennent véritablement parti (du moins je ne l’ai pas ressenti comme tel), les oppositions sont un régal à lire (et font bien réfléchir aussi : nous sommes toujours le monstre de l’autre)
Le « secret » de Ta-Shima est, pour ma part, l’aspect le plus intéressant du roman et peut amener à pousser assez loin la réflexion, surtout quand, comme moi, on ne s’intéresse pas forcément beaucoup (du moins pas plus loin qu’un article de vulgarisation scientifique souvent politiquement orienté) à certains sujets d’actualité. Je me sens un peu frustrée de ne pas pouvoir d’ailleurs m’étendre plus sur le sujet…

De toute manière, malgré les déséquilibres évidents de la structure du roman entre tous ces sujets, et de l’aspect des plus ambivalents de son héroïne, Ta-Shima reste une lecture extrêmement agréable et permet de découvrir une race extra-terrestre (plus ou moins) des plus intéressantes et même émouvantes, les Asix (je me permets même une petite remarque de fangirl : Tarr <3<3)

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1 commentaire

Publié par le 24 mai 2009 dans lectures

 

Une réponse à “Ta-Shima, Adriana Lorusso

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