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Moi et mes personnages…

11 Mar

Une petite réflexion pour changer, qui n’est pas du tout une suite de phrases assénées de façon péremptoire et hissées en vérités absolues. Non pas du tout, il s’agit surtout d’une interrogation que je me suis faite après avoir eu une conversation avec Marie (je vous rassure si vous suivez ce blog en habitué, la plupart du temps on parle de choses totalement futiles hein)

Quand je construis un personnage, je pars la grande majorité du temps d’un fantasme, soit de la femme que j’aimerais être, soit de l’homme que j’aimerais avoir (et, de temps en temps, le contraire) C’est une caractéristique que je pense beaucoup d’auteurs partagent avec moi, à mon avis (je n’ai jamais fait ni lu d’études sociologiques sur la question)
A cette première ébauche fantasmatique je rajoute souvent une caractéristique personnelle (un personnage aura la phobie des bagnoles, un autre aimera le camembert au ketchup) ou une influence de ma vie (une expérience personnelle, quelque chose que j’aurais vu chez des amis, dans ma famille) J’ai aussi remarqué que la majorité de mes héros et/ou de mes personnages secondaires d’importance, dans mes romans ou dans mes nouvelles, sont des gens très cérébraux et peu portés sur la parlotte. Je l’ai remarqué d’ailleurs très tard alors qu’il s’agit sans doute de mon trait de caractère principal. Non pas que je sois hyper cérébrale et intelligente, mais je prends rarement la parole facilement.
Il y a donc dans mes personnages beaucoup de moi.
Ensuite il y a la fiction : un personnage déviant (violeur, meurtrier), hyper mal dans sa peau (drogué, suicidaire), aux idées politiques arrêtées (anarchiste, fasciste), aux a priori sociaux fortement marqués (sexistes, homophobes, asocial) n’est pas moi. C’est certain. Mais pourtant le personnage me ressemble, surtout s’il est personnage principal et qu’il fait partie d’une longue histoire (le parallèle auteur/personnage me semble moins important sur un texte court)
Qu’est-ce qui me dit que le lecteur lambda ne va pas confondre les deux ? D’autant que mon style d’écriture préféré n’est pas le détachement de l’auteur omniscient. Moi les personnages et leurs actions, je préfère mettre la main dedans, les remuer, partager leurs pensées et savourer leur tribulations psychologiques. C’est comme ça, je trouve que c’est beaucoup plus fun à écrire et il semble aussi que ce soit pour ça que mes lecteurs aiment de que je fais.
Ca irait si j’écrivais des trucs gentils, sauf que ça, je ne sais pas faire.
Et j’avoue que quand j’ai eu pour commentaire un mise en garde comme quoi le lecteur pourrait penser que je suis homophobe parce qu’un de mes personnages l’est (plus ou moins, faut voir le contexte aussi), j’ai eu vraiment peur. Je n’ai pas envie de faire gaffe à créer des personnages mous pour ne pas choquer et être prise pour un monstre.

En même temps je dis ça, mais je ne vais pas changer de style pour autant…

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3 Commentaires

Publié par le 11 mars 2009 dans écriture

 

3 réponses à “Moi et mes personnages…

  1. intercalaire

    11 mars 2009 at 11:15

    Une mise en garde comme quoi le lecteur pourrait penser que je suis homophobe parce qu’un de mes personnages l’est
    Ha, ha, ça c’est moi ! Nan mais genre, t’as pas du tout réagi quand tu as lu mon commentaire à ce sujet, tu aurais du me le dire ! En fait, je te prévenais de ce qui allait forcément se produire si tu avais un lectorat élargi (ce que je pense que Crush aura, c’est évident). Pour avoir décortiquer des textes pendant plusieurs années à la fac, je sais qu’on peut leur faire dire n’importe quoi et qu’il est facile de confondre l’auteur avec son histoire. C’est d’ailleurs la première chose contre laquelle on nous met en garde. Seulement, tout le monde ne parvient pas à garder cette distance (moi aussi hein des fois je me surprends à faire des amalgames alors que je sais que c’est pas bien) et je trouvais important de t’en parler à un moment à un autre.

    On met forcément beaucoup de soi dans ses personnages. Je pense que n’importe quel auteur fait ça. Après, bien évidement, encore une fois, tout est une question de dosage et de répartition des traits pour éviter de verser dans le self-insert ou pire, la Mary-Sue de base. Lorsque je te lis, je retrouve certains de tes traits de caractères dans certains de tes personnages, mais pas forcément dans tous et ça reste discret. Mais, moi je te connais et je sais faire la part des choses. Ce ne sera clairement pas forcément le cas de tout lecteur lambda et en publiant et en diffusant tu vas t’exposer à des critiques parfois complètement absurde et injustifiée qui peuvent être parfois êtres très rudes à prendre en pleine tronche. Mieux vaut donc y être préparée et savoir à ce moment là pourquoi on écrit et être sûr de ses choix. Si tu essayes de t’adapter à tous tes lecteurs – en supposant que cela soit possible – tu vas perdre ton individualité et faire de la soupe informe et normatisée.

    Donc, non, non, non ! Garde ton style ! Garde tes personnages ! Et, ce n’est pas parce que je (ou quelqu’un d’autre) ne suit pas d’accord sur tel ou tel point de la construction d’un récit ou d’un personnage qu’il faut se conformer à ce point de vue. Quel intérêt y a t’il dans un récit qui ne fait pas réagir de toute façon ?
    Je l’ai déjà dit, mais il faut que tu écrives quelque chose qui te plaise à toi en priorité. Tu as suffisamment de goût, de culture littéraire et cinématographique et de talent en écriture pour éviter les gros écueils et la mauvaise littérature.

     
  2. Boite en carton

    12 mars 2009 at 10:03

    On écrit avec sa propre substance.
    Son passé, ses connaissances, ses gouts et ses dégouts, ses rêves et cauchemars, ses idées, fantasmes réflexions…
    Comment faire autrement ?
    Faire autrement, c’est écrire une trame factuelle et avoir un nègre pour remplir.
    On ne peut donner à un récit que ce que l’on est, pas moyen d’y échapper.

    Mais on ne peut recevoir que ce que l’on est aussi. Chaque lecteur va lire, vivre ressentir un texte avec ce qu’il est. Il y a ceux qui sont blessés et qui vont avoir mal, ceux qui n’ont pas d’humour et ne vont pas rire, ceux qui sont bien pensant et vont être scandalisés, ceux qui ont de l’amour et vont être émus, ceux qui sont cérébraux et vont analyser…

    Que peux-tu espérer faire à rendre un personnage moins violent, moins cruel, moins dur ? Cela peut-il à tes yeux améliorer ton œuvre, ton message ? ou essaies-tu penser, à la place de ceux qui vont lire ? tu risques surtout de faire l’erreur de ne pas comprendre ton lecteur comme tu crains que ton lecteur ne comprenne pas.

    Je pense que la solution peut être ailleurs. pas dan,s le personnage mais peut-être dans un autre personnage, dans une situation, des circonstances (c’est difficile de parler sans référence précise)

    Bon, je vais prendre un exemple : Dr House (ouais, je ne vais pas le chercher très loin)
    J’ai un collègue avec qui on adore parler de la série (il est amoureux de la moitié du casting féminin, mais il est encore jeune et j’aime bien le charier) mais il m’affirme que House n’est pas méchant.
    Ben m*rde alors ! Si on regarde objectivement, il est franchement immonde. Avec son équipe, avec sa direction, avec son ami, avec son patient… il est réellementatroce avec eux. Alors, pourquoi l’aime-t-on ?

    Je pense que si un personnage possède des caractéristiques fortes comme de la haine, de la xénophobie ou autre, ce n’est pas en atténuant ces caractéristiques que se trouve la réponse, mais en augmentant la complexité et l’humanité.

    Autre exemple, connais-tu le manga Eden ?
    Personnellement j’adore.
    Il y a des passages bouleversant mais j’ai retenu surtout l’histoire du jeune Elia, avant sa descente aux enfers, ou plutôt son premier pas dans cette descente lorsqu’il abats un trafiquant de drogue. Le tome d’avant, on nous présente l’homme du point de vue d’Elia et le tableau est si sombre qu’on a du mal à trouver une valeur humaine à ce sale type.
    Mais lorsque l’on commence à en savoir plus le tableau devient si complexe que personnellement je n’ai plus été capable de me situer. Et au final sa mort m’a secoué parce que finalement, il n’était rien qu’un homme perdu et sa cruauté n’était qu’une des manifestation de son humanité.
    J’ai au final beaucoup de respect pour l’auteur capable de créer une telle oeuvre.

    Bon courage ! (j’ai bien envie d’en lire plus de toi, tu as des choses en ligne ou tu attends une publication pour montrer tes oeuvres ?)

     
  3. Boite en carton

    12 mars 2009 at 10:03

    On écrit avec sa propre substance.
    Son passé, ses connaissances, ses gouts et ses dégouts, ses rêves et cauchemars, ses idées, fantasmes réflexions…
    Comment faire autrement ?
    Faire autrement, c’est écrire une trame factuelle et avoir un nègre pour remplir.
    On ne peut donner à un récit que ce que l’on est, pas moyen d’y échapper.

    Mais on ne peut recevoir que ce que l’on est aussi. Chaque lecteur va lire, vivre ressentir un texte avec ce qu’il est. Il y a ceux qui sont blessés et qui vont avoir mal, ceux qui n’ont pas d’humour et ne vont pas rire, ceux qui sont bien pensant et vont être scandalisés, ceux qui ont de l’amour et vont être émus, ceux qui sont cérébraux et vont analyser…

    Que peux-tu espérer faire à rendre un personnage moins violent, moins cruel, moins dur ? Cela peut-il à tes yeux améliorer ton œuvre, ton message ? ou essaies-tu penser, à la place de ceux qui vont lire ? tu risques surtout de faire l’erreur de ne pas comprendre ton lecteur comme tu crains que ton lecteur ne comprenne pas.

    Je pense que la solution peut être ailleurs. pas dan,s le personnage mais peut-être dans un autre personnage, dans une situation, des circonstances (c’est difficile de parler sans référence précise)

    Bon, je vais prendre un exemple : Dr House (ouais, je ne vais pas le chercher très loin)
    J’ai un collègue avec qui on adore parler de la série (il est amoureux de la moitié du casting féminin, mais il est encore jeune et j’aime bien le charier) mais il m’affirme que House n’est pas méchant.
    Ben m*rde alors ! Si on regarde objectivement, il est franchement immonde. Avec son équipe, avec sa direction, avec son ami, avec son patient… il est réellementatroce avec eux. Alors, pourquoi l’aime-t-on ?

    Je pense que si un personnage possède des caractéristiques fortes comme de la haine, de la xénophobie ou autre, ce n’est pas en atténuant ces caractéristiques que se trouve la réponse, mais en augmentant la complexité et l’humanité.

    Autre exemple, connais-tu le manga Eden ?
    Personnellement j’adore.
    Il y a des passages bouleversant mais j’ai retenu surtout l’histoire du jeune Elia, avant sa descente aux enfers, ou plutôt son premier pas dans cette descente lorsqu’il abats un trafiquant de drogue. Le tome d’avant, on nous présente l’homme du point de vue d’Elia et le tableau est si sombre qu’on a du mal à trouver une valeur humaine à ce sale type.
    Mais lorsque l’on commence à en savoir plus le tableau devient si complexe que personnellement je n’ai plus été capable de me situer. Et au final sa mort m’a secoué parce que finalement, il n’était rien qu’un homme perdu et sa cruauté n’était qu’une des manifestation de son humanité.
    J’ai au final beaucoup de respect pour l’auteur capable de créer une telle oeuvre.

    Bon courage ! (j’ai bien envie d’en lire plus de toi, tu as des choses en ligne ou tu attends une publication pour montrer tes œuvres ?)

     

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