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Archives du 15 février 2009

Le vrai fan

Il y a quelques jours, au cinéma (juste avant de découvrir le film de vampires de l’année), je découvre la bande-annonce en VOST de Watchmen, prochaine adaptation de comics à débarquer chez nous prochainement. La BA me donne des frissons, je me dis que ça pardonnera mon visionnage de The Spirit (aka Le Nanar de l’Année), et vivement le mois prochain !

De retour à la maison, je vais aller surfer sur mon forum de ciné préféré.

Et là, c’est le drame. Le topic Watchmen est une suite de litanies colériques et déçues sur l’adaptation non encore sortie (et donc non encore visionnées par 90% des intervenants) car « Il y a plein d’erreurs dans l’adaptation et tout n’est que trahison »

Prudemment je me retire du topic, n’ayant pas envie du tout de subir une flagellation publique pour avoir aimé une BA comme une sale noob que je suis.

Mais ce petit évènement, associé à un article (et à plein de commentaires dessus) sur le phénomène geek, me fait revenir sur un sujet dont j’avais déjà plus ou moins parlé ici : l’élitisme du fan.

Comme quand vous serez forcément en faute si vous aimez le film des Watchmen alors que vous n’avez jamais ouvert le comics (c’est pas ma faute, depuis qu’il est à la médiathèque il est tout le temps emprunté !)

Comme quand vous êtes fan de Doctor Who (j’en suis j’en suis !) et qu’un jour, au hasard d’un forum (toujours) ou d’une communauté, vous tombez sur un fan hardcore, le plus souvent anglais, qui vous regarde de haut parce que vous n’avez jamais regardé la série classique et ses 1001 saisons.

Comme quand vous avez découvert et aimé Star Wars avec la nouvelle trilogie et que des amis plus âgés que vous vous disent que la série de 77-81 est la seule pure et la nouvelle une sombre merde (je bats ma cutie, je faisais partie des « puristes », comme quoi l’élitisme fan est totalement réversible)

Une personne qui se déclare « vrai fan » de quoique ce soit est un sale élitiste. Certes, mais je pense aussi qu’il a aussi peur de perdre sa spécificité, son individualité de fan si Sa culture est distribuée au bas peuple. Je pense aussi qu’il fait preuve d’un grand infantilisme (« C’est Mon jouet ! Et j’y joue Mieux que Toi ! ») Je pense enfin qu’il pourrit la définition de fan. Déjà qu’à la télé un fan est une gamine de quatorze ans qui crie ou un trentenaire fan de métal aux cheveux gras…

Pourtant il serait si facile de redorer le blason du Vrai Fan.

Au lieu de décréter qu’une adaptation ciné est une sombre merde, aller vers le gentil noob de son entourage et lui mettre le comics original entre les mains, non en lui disant que « Telle est la Vraie Voie » mais en lui disant que s’il a kiffé le film, il surkiffera le bouquin. Si. Si. Et je suis sûre que ça peut marcher, ne partons pas du postulat que le grand public est une masse analphabète dont la culture BD se limite aux Blondes. Tel n’est pas le cas (même si les pourcentages joueront contre moi, il y aura toujours 1% de gens qui ne demanderont qu’à aller plus loin, et 1% c’est vraiment un minimum)

Un vrai fan, le gentil et le non infantile, vous mettra toujours entre les mains son objet d’admiration, un une vingtaine de Pratchett (merci), un vieux film chinois vraiment chinois qui n’a rien à voir avec Les Couteaux qui ont des ailes (merci), une série tout en japonais en vous donnant un résumé oral de l’histoire de chaque volume en prenant vachement de son temps en plus (merci), un CD ou sa compile en mp3 d’un truc que vous connaissez pas mais qui est vachement bien quand même (merci) Et en plus, le vrai fan sera heureux si vous aimez, et, si vous ne devenez pas aussi fan que lui, il aura quand même la satisfaction d’avoir partagé un peu de sa passion.

Rien à voir avec l’élitisme donc.

Qui finalement court beaucoup plus les rues sur cet outil infantilisant (j’aime ce mot) qu’est internet que dans la vie réelle (où j’ai aussi rencontré de Vrais Fans Chiants mais beaucoup mois souvent quand même)

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4 Commentaires

Publié par le 15 février 2009 dans blog, cinema, lectures, vie