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Archives du 1 février 2009

Explications…

Faire ma pute, ou comment trois mots ont été un peu mal compris.
Je pourrais arguer qu’en fait, j’utilisais le vocabulaire de la Banlieue, et qu’en fait, quand je disais « faire ma pute pour arriver à me faire éditer », ça voulait dire que j’étais prête à devenir asociale et égoïste pour bosser et arriver à mes fins. Mais ce serait malhonnête, en plus d’être complètement faux.
Donc faire ma pute, c’est à dire séduire et me laisser faire par des décideurs hauts placés, qui ont le doigt sur les cordons de la bourse et, plus prosaïquement, sur les contrats d’édition. Obéir à une politique éditoriale quitte à trahir mon oeuvre. Ok.
Sauf que non.
Retour en arrière, des années en arrière, surtout à partir du moment où j’ai commencé à bosser.
Je suis quelqu’un de plutôt effacé, de discret et pas vraiment charismatique au premier abord. D’ailleurs certains de mes anciens patrons l’avaient bien compris, et ce n’est que mon éternelle naïveté et mon énorme propension à avoir la tête ailleurs qui m’ont sauvée de la réalisation que je me faisais totalement marcher dessus.
A un moment donné, je me suis quand même rendue compte que ça ne marcherait pas longtemps comme ça. Pourtant, je ne me suis jamais sentie capable d’aller devant quelqu’un (la plupart du temps un supérieur) et de lui dire de but en blanc que ma méthode c’est celle-là et que je suis assez grande pour me débrouiller toute seule. Non, en fait je préfère faire mes premières semaines de contrat en versant une triple dose de diplomatie dans mon café du matin, avant de me forger moi-même, un peu sournoisement, mon espace d’indépendance.
Pendant ce temps d’inertie où je dis oui et d’accord à quasiment tout, j’observe et je séduis. Je suis d’un naturel aimable, et ce n’est pas très difficile. Après, tout devient plus facile. Même si je ronge mon frein en travaillant d’une manière que je juge ringarde ou inefficace ou carrément débile, ce n’est pas grave, parce que je sais qu’à partir du moment où j’aurai prouvé que je sais parfaitement faire ce que je fais, ça ira mieux : soit le big boss me laisse mon indépendance, soit je la prend toute seule, parce que je suis sûre de moi, et que rien ne peut alors me faire croire le contraire.
Et tout devient plus facile.
Alors pourquoi cette méthode ne marcherait pas pour la publication ?
Qui a-t-il de mal à refourguer aux éditeurs un sujet à la mode et très ciblé si cela pourra me permettre ensuite de publier MON roman post-apocalyptique à la narration destructurée (que j’ai vraiment écrit en plus, mais j’y reviendrai quand je parlerai de La Route) ?
Qui a-t-il de mal à faire la pute si cela fait partie du plan beaucoup plus sournois / efficace d’avoir au moins quelques lecteurs attentifs et « puissants » ?
Alors à partir de là il y a les gens qui aiment bien ce que j’écris, et qui comprendront peut-être ma légère mégalomanie, et ceux qui n’aiment pas, ou qui n’ont jamais lu, et qui penseront que j’ai une tête trop grosse pour passer les portes et que je proute un peu trop haut pour mon misérable niveau.
Je ne compte pas publier un seul livre. Je ne vais pas mettre tout mon coeur, toute mon honnêteté intellectuelle, toute mon intégrité dans une seule histoire. Alors le sacrifice diplomate et consensuel ne me paraît pas si horrible.

Voilà, c’était ça que je voulais dire en utilisant l’expression « faire ma pute ».
Et j’espère que cette fois-ci c’était assez clair. Sinon je laisse tomber ^^

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Publié par le 1 février 2009 dans écriture