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Horreur [dé]bridée

16 Jan

red-snake_91

Alors bien sûr, quand on est quelqu’un d’intelligent, de cultivé et de poli, on fait toujours attention à ce qu’on dit et à ce qu’on aime. Il ne faudrait surtout pas tomber dans l’humour trop gras, les films trop grands publics, les lectures trop faciles, la pornographie gratuite et les histoires avilissantes (genre des films à bimbos et des livres sévèrement testostéronés) Genre, on fait dans le plaisir plein de conscience. Faudrait à voir à ne pas être une mauvaise féministe ou à jouir de trucs qui sont maaaaaaaaaaaaaaaaaals.
Certes.
Simplement la première fois que j’ai ouvert un manga de Hideshi Hino (Le Serpent Rouge, il y a quelques jours) j’ai ressenti une sorte de jouissance puérile devant un spectacle du plus mauvais goût possible. Hideshi Hino, dessinateur d »horreur, obnubilé et obsédé par son enfance (fuite en Corée et retour au Japon après la guerre notamment, alors qu’il était tout petit) jette à rogner aux critiques du bon goût une mise en scène virtuose et un graphisme original et hyper maîtrisé. De loin en loin ses jeunes femmes titillent le mâle épris d’arts nippons (et frippons) pendant qu’enfants et hommes torturés rappellent à force d’yeux noircis Famille Addams et disciples de Tim Burton. En plus, ce gars-là a beaucoup d’humour (mais très noir quand même, n’empêche que j’ai éclaté de rire à certains moments)
Le problème (ou le truc vraiment sympa là-dedans, ça dépend) c’est que Hideshi Hino fait des histoires vraiment dégoûtantes, un peu comme si le Peter Jackson de Brain Dead était né au Japon, troquant extra-terrestres vômitifs pour assassins hyper névrosés. Il n’y a aucune morale, aucun coin de ciel bleu, rien, si ce n’est une dénonciation (pas du tout originale en son pays, chez beaucoup d’artistes de sa génération) des folies meurtrières (et de certaines Bombes H, voyez Panorama de l’Enfer pour vous faire une idée)
Eh bien grâce à cette gratuité totale, je dois avouer que ces bouquins-là sont un sacrés puching-ball pour pensées sanglantes, un plaisir coupable, inoffensifs mais ô combien jouissif, pour tous ceux qui pensent que le Romantisme noir des emo-kids occidentaux, c’est vraiment pas glorieux.

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1 commentaire

Publié par le 16 janvier 2009 dans lectures

 

Une réponse à “Horreur [dé]bridée

  1. Camille Espresso

    2 janvier 2010 at 12:22

    Je vais essayer de trouver ça.

     

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