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Le Sursis – Jean-Pierre Gibrat

03 Oct

Julien devait aller travailler en Allemagne. Au lieu de ça, il a sauté du train, est revenu dans son village de l’Aveyron et vit depuis caché, pris pour mort, sous les toits d’une école dont l’instituteur communiste a été arrêté. De son point de vue en hauteur, Julien observe : le laïc et le curé, le retour de soldats, les miliciens, et Cécile, qui travaille juste en bas.

J’ai quelques a priori sur la BD franco-belge, et sur la façon dont les auteurs français (dessinateurs, écrivains, cinéastes) ont de traiter un thème aussi usé que l’Occupation. J’ai pourtant dévoré littéralement les deux volumes du Sursis, tremblant presque de rage en voyant que non, l’histoire n’irait jamais au-delà du second volume.
Il faut souligner bien sûr, en premier lieu, le dessin de Jean-Pierre Gibrat, magnifique, très maîtrisé, réaliste tout en étant extrêmement doux. Il y a quelque chose de suranné chez lui qui est extrêmement agréable.
Mais la qualité première du Sursis reste son histoire, et la façon dont l’auteur a de construire ses personnages. Julien est une réussite : ce n’est pas parce qu’il est caché dans son pigeonnier qu’il va se mettre à résister, à agir. Non, lui il ne pense qu’avec son coeur, et son coeur est très égoïste. Il passe entre les évènements avec une mollesse qui pourrait énerver, mais qui colle très bien au personnage et reflète aussi une bonne partie de ce que faisait la population française à ce moment-là, où tout le monde n’était pas soit résistant, soit collabo. Cela rend Julien très humain, avec ses amours, ses jalousies, ses maladresses et son humour. Car cette histoire est aussi drôle, ce qui n’est pas du luxe non plus avec un tel sujet.

Voilà, encore une réussite. Et je m’en vais emprunter quelques autres oeuvres de l’auteur de ce pas.
Merci à Marie pour cette découverte.

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4 Commentaires

Publié par le 3 octobre 2008 dans lectures

 

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4 réponses à “Le Sursis – Jean-Pierre Gibrat

  1. Michel

    3 octobre 2008 at 8:51

    Tout est beau chez cet auteur, je te conseille la série « la parisienne »
    un excellent souvenir, humour et tendresse

     
  2. Michel

    4 octobre 2008 at 4:11

    Je te signale la revue DBD, un numéro spécial Gibrat en kiosque, à lire dans une bonne librairie ! 8.90 euros la revue !

     
  3. Andromède

    15 octobre 2008 at 5:19

    Je les avais lu il y a quelques années, ceux là, et mon souvenir correspond à peu près à ce que tu décris ! la fin, notamment, est magistrale : deux albums complets avec un titre dont on a l’explication qu’aux toutes dernières cases… ‘m’avait bien fait chouiner aussi, tiens.

     

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