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Totto-chan, la petite fille à la fenêtre – Tetsuko Kuroyanagi

12 Sep

Tokyo, début des années 1940. Tetsuko, alias « Totto-chan », mène la vie dure à son institutrice qui finit pas la renvoyer. Ses parents l’inscrivent alors à Tomoe, petite école éprise de liberté où de vieux wagons font office de salles de classe.
Là-bas, l’expérience de la vie est aussi importante que les leçons. Et grâce à un directeur atypique, Totto-chan réapprend à respecter les autres et à s’estimer elle-même. Elle prend goût à l’étude, assume ses échecs et gagne en autonomie, écrit des haïku et rêve de danser. Elle comprend aussi ce que sont le racisme et l’intolérance, et découvre la guerre.

Un livre acheté pour combler l’attente d’un voyage en train. La couverture m’a immédiatement accrochée, légère, naïve, un peu floue, douce ; et l’annonce de l’éditeur a fini de me convaincre. J’étais quand même assez circonspecte en ouvrant cette autobiographie d’un présentatrice télé japonaise : l’angélisme, la naïveté, le système sociétal japonais, le fait même que l’auteur soit une présentatrice télé (qui sont pour 99% au Japon de ravissants et stupides pots de fleurs), tout cela aurait pu m’amener à refermer ce livre aussitôt la première page lue.
Mais Tetsuko Kuroyanagi n’est pas une Japonaise comme les autres. Peut-être que son ouvrage fait preuve d’angélisme, mais celui-ci reste à hauteur d’un enfant de cinq ans, un enfant qui a eu aussi la chance (revendiquée par l’auteur) d’avoir des parents libéraux, ouverts et épris d’art. Il est bon de rappeler qu’en ces années 40, tous les Japonais n’étaient pas des nationalistes aveugles, mais que certains, comme les parents de Totto-chan et le directeur de son école, ont résisté.
Une fois ces appréhensions effacées, je me suis plongée avec délice dans l’autbiographie de Tetsuko Kuroyanagi, divisée en tous petits chapitres qui sont chacun une expérience de vie légère (« on ne saute pas sur les papiers journaux ! »), pratique (« on apprend, filles et garçons, à faire la cuisine comme maman ») ou indispensable (« Coréens, nain ou handycapé, un enfant est toujours un enfant », « les garçons doivent être gentils avec les filles ») Certaines de ces leçons peuvent paraître naïves au lecteur occidental, mais il suffit de se rappeler du pays, très conservateur (le Japon) et des années concernées (entre 1940 et 1945) pour se rendre compte à quel point l’école de Totto-chan était originale et en avance sur son temps.

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Publié par le 12 septembre 2008 dans lectures

 

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