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Les Bracelets d’Emeraude – L’héroïne

12 Juil


Gantz

L’image utilisée est une petite provocation, vous allez rapidement comprendre pourquoi (ceci dit je suis une grande fan du manga pour adultes Gantz, mais cela va peut-être aussi à voir avec la tenue de ce billet)

J’ai un gros problème avec le « féminisme », dans l’aspect le plus caricatural du mouvement (dans la réalité de tous les jours, je suis sans aucun doute aussi féministe que toute femme devrait l’être, tout autant qu’humaniste d’ailleurs) Disons que la caricature du féminisme assène que les princesses sont les pires symboles du sexisme, qu’en fiction une femme qui se fait enlevée, qui est sauvée, qui est faible, qui est trop femme, qui aime un homme, qui mets des robes, qui couche, qui est romantique, etc. Ce genre de femme-là est une bêtise, voire une salope, ou une vision dégradée de la Femme, et que si on adhère à ce genre de figure (si on aime que la fille soit sauvée par l’homme et que ça nous tire des larmes), on est des mauvaises féministes…
Ouch…
Effectivement ce genre de vision est très caricatural, mais dans le monde merveilleux de l’internet, on est amené à en rencontrer plus souvent qu’on ne pourrait le croire.
Autant vous le dire tout de suite, mais vous l’avez sans doute déjà deviné, que je méprise ce genre d’extrêmes, que je me demande comment on peut passer de la défense des droits de la femme, et des batailles artistiques pour la faire passer de plante verte à personnage à part entière, à cette vision étriquée, stupide et finalement hyper sexiste. Je m’interroge. Quelque chose a raté quelque part.
Je n’ai jamais été moi-même un fan dingue des poupées barbie, même si à une époque de ma pré-adolescence, j’aurai aimé posséder un peu plus de robes, et aussi la super voiture rose qui va avec la poupée mannequin. Cependant j’aimais les histoires de princesses et de princes, j’ai lu de la chick-litt junior (Les jumelles de Beverly Hills ça s’appelait), j’ai été baigné dans une culture de la jolie blonde aux jolies robes, et cela n’a pas fait de moi une sombre crétine soumise au bon vouloir de l’Homme, tout simplement parce qu’à côté il y avait autre chose, et dans mon cas un ballon de foot, des films « pour garçons » et surtout une vie familiale très équilibrée entre papa et maman, et une initiation sociale où on ne parlait pas de féminisme parce qu’il n’y avait de toute façon pas de raisons pour que les garçons soient plus importants que les filles, et inversement. J’ai eu de la chance, certes, mais je ne suis pas certaine que les princesses soient les seules à être montrées du doigt quand il s’agit d’accuser les positions inégalitaires des hommes et des femmes dans notre société.

Tout ça pour dire que… C’est quand même compliqué de créer une héroïne.
Parce que mine de rien, je n’ai pas envie non plus que mon personnage n’ait comme talent que celui de se faire enlever et d’être un boulet pour le héros, mais je ne veux pas non plus qu’elle soit si indépendante, forte et intelligente que ce sera finalement le héros qui sera un boulet.
Il faut trouver un juste équilibre qui va être finalement assez dur à trouver.
Je m’en suis rendue compte dans mon premier récit, où, après une relecture poussée de Caro, elle a mis le doigt sur le caractère geignard et passif de mon héroïne, Gil. Le personnage restera ainsi (avec quelques améliorations tout de même) car l’intrigue est finalement construite autour de sa relative « passivité », mais je ne veux pas réitérer ce genre de chose maintenant.
Comment faire ?
Si je donne trop de qualités à mon personnage féminin, cela va aussi casser son équilibre, mais elle doit être aussi un peu extraordinaire, sinon elle n’aura pas l’étoffe d’une héroïne.
Je continue à me poser ces questions même maintenant que je connais à fond mon héroïne, que je connais ses motivations et son indépendance. Le mieux est sans doute de l’écrire le plus naturellement possible, mais cela me donne l’impression de ne pas la saisir totalement, de lui laisser trop d’indépendance. C’est vraiment très très compliqué à expliquer.

Je conçois que tout ce que j’ai pu dire dans ce billet puisse paraître confus, voire même peut-être choquant. Cela reste ma vision des choses, je tiens à la préciser pour tous ceux (et celles) qui voudraient m’expliquer leur vraie vision du vrai et bon féminisme.

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3 Commentaires

Publié par le 12 juillet 2008 dans écriture

 

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3 réponses à “Les Bracelets d’Emeraude – L’héroïne

  1. Saru

    12 juillet 2008 at 12:30

    De mon côté, je suis assez partagée sur les héroïnes, parce que j’adore les comédies romantiques et à chaque fois je me choque moi-même quand je me rends compte que finalement je suis une « vraie fille » et que j’ai trop des côtés de princesse, mais j’adore les héroïnes super fortes et indépendantes et qui en font baver les personnages masculins : mon côté revancharde envers les mecs ?^^ En tout cas, ce sont des héroïnes auxquelles j’aimerais ressembler…
    Mais effectivement, il y a du déséquilibre… Quand je pense à un personnage « féminin » qui m’a pas mal marquée ces derniers temps, c’est Starbuck (jusqu’à ce que je finisse pas la détester mais c’est pas la question ici et au début elle était super, bref) : en face, j’ai trouvé qu’effectivement aucun personnage masculin ne faisait le poids…
    Donc c’est dur, je veux bien te croire !

     
  2. elicad

    12 juillet 2008 at 1:50

    Saru> Je pense que la meilleure manière est d’être naturelle. A chaque fois je pense à Doc Who : les nénettes, gentilles ou méchantes, les couples interraciaux, les races d’ailleurs aussi, tout vient si naturellement que finalement ça passe. Enfin je trouve.
    Starbuck ? ^o^ Moi c’est Six. J’ai une véritable jouissance à voir ce personnage, qui sait très bien utiliser son côté femme pour arriver à ses fins (et qu’on se rend compte que ce n’est pas une bitch)

     
  3. Isil

    26 septembre 2009 at 1:07

    Je suis d’accord avec tes remarques sur le féminisme et ses « dérives ». J’ai parfois l’impression que quoi qu’on fasse, peu importe comment est le personnage, quelqu’un finira forcément par dire qu’elle donne une vision peu valorisante de la femme… et c’est très très frustrant !
    et je plussoie ta conclusion : c’est très très compliqué =D

     

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