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Sumi & Water – Takehiko Inoue

28 Juin

Les personnes qui me connaissaient déjà avant la création de ce blog savent qu’il existe un artiste contemporain pour lequel j’ai une admiration sans borne. Il s’agit du mangaka (dessinateur de bande dessinée) Takehiko Inoue, sans doute sous-estimé de part chez nous. Il faut dire que très peu d’auteurs contemporains arrivent à faire parler d’eux en dehors des cercles de fans de mangas, comme Obata et Urasawa. Ceci dit il semble échapper même à son public français que Inoue est en son pays bien plus qu’un « simple » mangaka : au ratio ventes/volumes parus, son manga Slam Dunk talonne, voire dépasse, les chiffres de vente de Dragon Ball, pourtant champion toute catégorie (110 millions de volumes vendus) ; il s’est distingué à de nombreuses reprises auprès du ministère culturel japonais avec son autre oeuvre, Vagabond, fait de la publicité, participe à de nombreuses activités sportives pour l’implantation du basket ball au Japon, prend un malin plaisir à dessiner des fresques, dessiner sur le sol, sur des tableaux noirs, partout. Son dernier projet en date a été de créer le character design du jeu vidéo Lost Odyssey.
Cependant ce succès est moins impressionnant que la maturité avec laquelle il traite ses histoires (il suffit de lire le très beau Real pour s’en convaincre), et, surtout, la maîtrise époustouflante de son dessin. J’ai eu l’immense plaisir d’acquérir les deux livres d’art tirés de Vagabond, et cette affirmation n’en a été que plus justifiée.

Sumi veut dire « encre » en japonais. Le livre réunit diverses planches, inédites ou tirée du manga Vagabond, toutes de noir et blanc, de temps en temps rehaussées de trames grises. Les dessins sont réalisés à la plume (et non au stylo encreur genre copic), quoique Inoue la délaisse de temps en temps pour utiliser un pinceau à calligraphie. Le sens du détail de la plume se retrouve dans les archtectures, les paysages, certains visages, respirant le zen, alors que les traits de pinceaux soulignent la sauvagerie, la violence, que cela soit dans un simple mouvement de cheveux ou dans la ruade dans cheval.
Cette image me semble bien résumer la beauté des planches contenues dans ce très beau livre.

Water est le second livre d’art sur Vagabond, et présente des travaux à l’aquarelle (et d’autres techniques mêlées il me semble)
La couleur permet à la fois de jouer sur les tissus et leurs multiples motifs, de créer un personnage à partir de simples tâches, de construire un paysage entier tout en monochromes, de jouer sur les ombres, d’associer des teintes portant opposées et de faire s’envoler l’imagination.

Voilà donc deux ouvrages que je souhaitais partager, bien qu’ils ne soient pas vraiment trouvables en France (sauf dans quelques librairies japonaises parisiennes et en vpc, et à des prix plus que prohibitifs) Des versions anglaises de Water et de Sumi éditées par Wiz Media vont bientôt paraître, mais je ne sais pas si elles seront de même qualité que l’édition japonaise.

Takehiko Inoue.
Site officiel

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Publié par le 28 juin 2008 dans lectures

 

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