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Ersatz – Julien Doré

21 Juin

Une fois n’est pas coutume : aujourd’hui, je vais vous parler musique.

L’occasion est rare alors autant la saisir quand elle se présente à moi, sous la forme d’une tête de gondole d’un célèbre magasin « culturel » qui n’est pas la Fnac, et me lance des « achète-moi ! Achète-moi ! » aussi convaincants qu’une tablette de chocolat au lait Milka. Car oui, comme je peux apprécier un album de Radiohead ou Queens of the Stone Age aussi bien qu’un sushi ou une tarte italienne (pour laquelle on passe trois heures à peler, épépiner et sécher les tomates), je m’amuse aussi à descendre au premier supermarché du coin pour une vulgaire tablette de chocolat au lait (même pas du 80% chocolat noir aux éclats de cacao) Or donc, je peux aussi aimer les chanteurs à la mode populaire, j’ai l’intégrale de Justin Timberlake en pétroisse après tout.

Tout ça pour en venir où ? Eh bien à la curiosité sans a priori (fan de base toussa toussa) qui a fait que j’ai sauté sur l’album de Julien Doré comme sur de la Danette parfum brownie.

Vous noterez le ton léger de ce post, mais je préfère prévenir : la musique a cet effet-là sur moi, surtout quand elle me plaît ; et cet album-là, qu’on appelle Ersatz, me plaît beaucoup.

Pourtant c’est un sacré foutoir là-dedans : des chansons à la mode un peu bobo, des petites expérimentations dans les paroles, des traces de rock indie tendance Nick Cave, des cuivres, deux singles endiablés, et une chanson d’Arno. Il n’y a aucune ligne directrice, comme si Julien Doré ne nous donnait qu’un extrait de tout ce qu’il sait faire, et comme s’il avouait que oui, il est bien l’escroc sans honte que l’on a découvert à la Nouvelle Star.

Acacia ouvre l’album : jolie chanson, mélancolique, avec une voix féminine que Doré se contente de porter, humblement. Acacia est une douceur que Les Bords de Mer se charge de continuer. Je n’aime pas particulièrement cette dernière, un peu trop molle à mon goût, trop bobo, même si elle a un certain charme (en fait je n’aime pas les longs week-end passés au bord de la mer…) Puis vient les Limites, le single, rien à dire, c’est léger, c’est efficace, et je trouvais ça très bien avant de découvrir le reste.

Le reste c’est Bouche Pute, une chanson dérangeante, musicalement très travaillée, en deux parties, une chantée et une symphonique, supportée par les choeurs de Christophe. Bouche Pute est le bijou de l’album, la chanson qu’on n’aurait sans doute jamais pensée possible, mais elle existe, et elle donne de sacrés frissons.

Figures Imposées fait retomber un peu le soufflé. Dans tes rêves est rigolotte ; c’est la chanson alibi de Julien Doré, comme pouvait l’être Produit de l’Année pour Christophe Willem. Et arrive…

Pudding Morphina… Quand Julien Doré a commencé à éclater à la Nouvelle Star, j’avais souhaité qu’il reprenne du Nick Cave, du Noir Désir, du Alain Bashung et même du David Bowie. Quelque chose de poisseux, de lent, de bizarre. Avec Pudding Morphina, c’est fait. Et pas le temps de reprendre son souffle puisque vient le second chef d’oeuvre de l’album après Bouche Pute : Piano Lys. Avec une construction instrumentale faite de piano et de synthé, de bruits étranges, et une voix toujours très maîtrisée, les frissons sont de nouveau au rendez-vous.
Soirées parisiennes
est plus enjoué, plus anecdotique aussi, malgré les cuivres (futur second single ?) J’aime pas remonte de nouveau le niveau, First Lady est très très drôle, et Julien Doré sait chanter sur des compo un peu sixties : rafraîchissant !

Vient ensuite une reprise de Gainsbourg, SS In Uruguay : un peu étrange (comme tout l’album), et second hommage au maître après le clip des Limites. Los Angeles… J’avoue avoir du mal à m’y accrocher, comme pour Les Bords de Mer ou Soirées Parisiennes ; non pas que la chanson soit mauvaise (aucune ne l’est), mais parce que vient, en touche finale, le cadeau bonus de l’album.
De Mots n’est pas une chanson de Julien Doré, c’est une chanson d’Arno, et une sacrée putain de chanson.

Donc en résumé, dans ce joyeux foutoir, j’ai pris mon pied, vraiment. La preuve, j’écoute l’album en boucle. Et j’ai bougrement envie d’aller enfin m’acheter un album d’Arno.
Ersatz est un album très inattendu.

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2 Commentaires

Publié par le 21 juin 2008 dans Non classé

 

Étiquettes :

2 réponses à “Ersatz – Julien Doré

  1. Tiphanya

    21 juin 2008 at 2:15

    Voila une critique qui donne envie de se jeter sur l’album… quoique l’auteur de ses lignes étant capables d’acheter et apprécier un tablette de chocolat au lait toute simple, je me méfie quand même un peu.
    D’ailleurs je n’ai plus de chocolat en stock, honte à moi, et aucun CD acheter dernièrement non plus… Avec l’apparition de quelques rayons de soleil, ce sont les petites robes qui ont attiré mon regard. Mais même en robe il faut se faire plaisir, alors la prochaine fois que je fais des courses, je prendrai le chocolat noir avec éclat de cacao et cet album qui semble appartenir à la catégorie « Musique Non Identifié ».

     
  2. elicad

    21 juin 2008 at 5:43

    Tiphanya> Excellent choix ! Ce genre d’achat est tellement plus important que les très superficiels légumes/lait/pain dont on doit pouvoir se passer. Et la musique bordélique, c’est l’fun !

     

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