RSS

Mes cultes : Kentaro Miura, Berserk.

27 Mar

Comme pour ma dernière « chronique », c’est l’actualité qui me fait parler aujourd’hui d’une des oeuvres qui sont en train de creuser un fort sillon en moi (en train parce que la série est loin d’être finie) Donc voilà, je viens de lire les deux derniers volumes parus, et comme l’histoire vient de finir un cycle, il me semble que c’est le bon moment pour en parler.

Attention, cet article contient des spoilers quant à la structure générale de l’histoire ! (désolée encore Delf)

Vous ne savez pas ce qu’est la dark fantasy si vous n’avez pas lu Berserk. Et même si ma culture en matière de dark fantasy est très limitée, je maintiens cette affirmation avec force. Et c’est bien simple : peu de lecteurs passeront les deux premiers volumes de ce manga qui va jusqu’au bout de ses ambitions. C’est gore, hyper violent, absolument non censuré, et amoral. De plus, le personnage principal ne soulève absolument aucune sympathie pendant ce prologue des plus directs.
Berserk suit l’histoire de Guts, mercenaire en des temps si troubles que la moindre parcelle de paix paraît illusoire. Le monde de Guts est celui d’une guerre de Cent Ans fantasmée, à mi-chemin entre le Moyen äge le plus obscur et les guerres de religions, depuis le massacre de la Saint Barthélémy et les grandes croisades. Nous sommes à l’aube d’un monothéisme barbare et intolérant, où des grandes puissances sacrifient les populations pour leur pouvoir. Mais Guts ne semblent avoir aucun intérêt pour ce qui se passe autour de lui. Il cherche, dans une quête sans fin, son ancien compagnon d’arme, l’ambigu et pétri de puissance Griffith.
Le prologue de Berserk suit donc les traces du mercenaire Guts, avant de laisser place au premier arc de l’épopée, L’Âge d’Or. On y apprend comment Guts y est né, du corps d’une femme pendue, comment il a été élevé, et comment il a fini soldat de la bande du Faucon, menée par Griffith. Cet arc s’achève avec la révélation de Griffith, et on entre alors avec l’Eclypse et L’Inquisition, l’arc le plus dur de la série. Alors que Guts cherche à se venger de Griffith, l’inquisition tue à tour de bras, soulevant les protestations du pauvre peuple, et affaiblissant les pouvoirs, jusqu’au retour du Faucon, un Griffith ressuscité et vengeur, protecteur.
La troisième partie, encore en cours et pour l’instant bien plus « légère », nommée Naissance, voit la nouvelle armée de Griffith protéger les terres du Midland, alors que Guts, le guerrier noir, combat toujours ses démons et retrouve les sources du paganisme.
Il est très difficile de résumer Berserk (pensez, on en est au volume 24), et il est certain que la forme même du récit va rebuter la majorité des lecteurs.
Cependant c’est son côté jusqu’au-boutiste qui donne son intérêt à Berserk, montrant la barbarie telle qu’elle est. La violence extrême des hommes rend alors encore plus belle la gentillesse et l’innocence de quelques personnages qui se détachent alors des autres. Et alors que l’on pourrait s’attendre à faire face à des figures caricaturale, Berserk présente étonnamment des personnages certes torturés, mais à la psychologie bien plus profonde qu’on ne pourrait le croire.
J’aime aussi particulièrement le dessin (qui ne cesse de se parfaire au fil des volumes) : fouillé et détaillé, son réalisme permet les plus grandes exagérations, permettant de croire aux monstres (humains ou non) que l’on croise.
On retrouve dans Berserk de grandes figures de l’épopée fantasy, le guerrier solitaire, le chevalier, la vierge combattante (figure difforme et folle de Jeanne d’Arc), l’elfe (seule source d’humour pendant longtemps d’ailleurs), la guerrière… Et ils sont tous arrivés à m’émouvoir, tous autant qu’ils sont, malgré la violence et la noirceur de leur univers.
Les connaisseurs se régaleront des multiples références certainement voulues que l’auteur dissémine au fil des volumes. En tout cas, moi, j’y suis complètement accrochée.

Publicités
 
5 Commentaires

Publié par le 27 mars 2008 dans lectures

 

Étiquettes : ,

5 réponses à “Mes cultes : Kentaro Miura, Berserk.

  1. Delf

    27 mars 2008 at 11:14

    Y_Y Je n’en suis qu’au volume 15, j’aurais jamais dû lire ton article, vlan les spoilers…

    J’adore cette série, je ne pensais pas que je pourrais accrocher autant à quelque chose d’aussi noir et violent.
    Comme me l’a fait remarquer Bob, c’est (au moins pour les premiers arcs) une tragédie dans le sens tragédie grecque, on nous présente le destin terrible des personnages au tout départ, avant de tout nous raconter depuis le début. On sait que ça va mal se terminer, et on n’y peut rien, et eux non plus. Un récit très bien mené.

    Et pis j’aime Puck! Et Casca! XD

     
  2. elicad

    28 mars 2008 at 7:32

    Delf> Aïe, désolée ! J’ai essayé de faire attention à mettre le moins de spoilers possibles pourtant (à part pour Griffith, mais comme on est au courant de son « avenir » dès le prologue, je pensais que c’était un spoiler plus ou moins révélé ^^)
    C’est clair que c’est pas du tout le genre que tu aimes d’habitude ^^
    Bob a raison, l’auteur connait vraiment bien ses classiques, et il ne structure pas son histoire par hasard, tout comme les références qu’ils utilisent ne sont pas là pour faire juste jolies. Il doit avoir une culture occidentale assez monstrueuse (qui doit paraître très exotique à ses lecteurs japonais d’ailleurs)
    Maintenant mon seul regret c’est que les 9 ou 10 premiers volumes que j’ai sont des Dynamic Vision, et ils sont traduits à l’envers (et mal encrés -_-) Glénat a fait un suepr boulot de ce côté-là quand ils ont repris la série.

     
  3. Delf

    28 mars 2008 at 1:57

    *Spoilers* > c’est surtout le « retour » de Griffith et l’existence de l’inquisition dont je ne me doutais pas, mais ça va, c’est pas trop gros comme spoilers.
    Je n’avais pas pensé au fait que c’était exotique pour les lecteurs japonais, c’est vrai que c’est très réussi.
    On a bien fait d’attendre avant de s’y mettre alors, on a une belle édition. ^o^

     
  4. elicad

    28 mars 2008 at 6:04

    Delf> *s’excuse encore mille fois*
    Oh oui vous avez bien fait ! J’essaie de relire la série petit à petit (et je remarque pleins d’indices dans le prologue que l’on retrouve 0 volumes plus tard ^^) et c’est très très dur. Déjà Guts se retrouve gaucher… Aïe…

     

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :