Archive pour la catégorie 'culte'

20
avr
09

Ceux qui marquent

Dans le dernier article (enfin article, la dernière note) de ce blog, je parlais de ce paradoxe qui fait que je me trouve plus d’influences dans le cinéma que dans la littérature. Je ne vais pas développer aujourd’hui. Ou plutôt je vais me concentrer sur un cas en essayant, à ma modeste mesure, de rendre hommage à un écrivain qui m’a énormément marquée… mais que je n’ai jamais lu.

A l’âge encore doux et innocent de dix ans et demi (printemps/été 1988), ma grand-mère fit quelque chose qu’elle n’avait sans doute jamais fait avant et ne referait pas plus tard : elle m’emmena au cinéma. Il devait pleuvoir ou on devait s’ennuyer, et je ne sais vraiment pas quel hasard nous fit voir ce film-là, un de mes premiers vrais films de grand (c’est-à-dire pas un dessin animé) Il s’agissait de L’Empire du Soleil de Steven Spielberg, inspiré du livre semi-autobiographique de J.C. Ballard. J’en ai développé une grande admiration pour Spielberg (qui ne s’est jamais véritablement démentie), un amour pour la chanson « Suo Gan », une fascination pour Jonh Malkovich, et aujourd’hui je peux briller en société en disant avoir vu le premier film de Christian Bale au cinéma.
Le thème des gamins jetés sans aucune compassion dans le monde adulte, un monde anarchiste, dangereux et mortel, où la survie est tout ce qui compte et où la fraternité est aussi absolue que fragile, il y avait tout ça dans L’Empire du Soleil, et je savoure chaque revisionnage, les larmes aux yeux (et en larmes tout court lors de la scène de fin, je ne l’ai jamais vu sans un mouchoir à la main)

Sautons une dizaine d’années et retrouvons-nous en 1996. A l’âge boutonneux où je préférais les salles obscures au shopping (et au cours de Fac…), et où les Inrockuptibles me semblaient le summum du bon goût (j’en suis revenue, pauvre petite provinciale que j’étais, attirée par les lumières de boboland), à l’âge de presque 19 ans quand même, je découvre David Cronenberg.
J’avoue n’avoir absolument aucun souvenir de Crash, adapté du roman éponyme de J.C. Ballard. Mais vraiment rien. J’ai acheté le DVD, je n’ai jamais osé le regarder, de peur d’être déçue, de peur surtout de ne plus y voir toutes les choses que j’y avais vu à 18 ans.
La seule image qui me reste, due surtout à la promo du film, reste ce plan sur les jambes métallisées et cicatrisés de Rosanna Arquette. J’en ai tiré ce qui restera sans doute, pour mon inconscient de fille presque rebelle, un des plus forts symboles de l’érotisme contemporain. Un psy freudien me répliquera peut-être que m’étant retrouvée, nourrisson encore, avec un jambe en ferraille, mon subconscient sexuello-oedipien avait du en prendre un sacré coup. Peut-être, mais quand même, quelle image. J’en ai développé un intérêt certain pour le corps, intérêt qui m’a fait suivre de près la carrière de David Cronenberg et découvrir Le Mouche plus tard, et un autre Viggo Mortensen il n’y a pas très longtemps.
J’ajoute que Crash a du en rajouter quand à ma fascination morbide pour les bagnoles et les gros engins (sans double sens je vous prie) dans mon imaginaire, alors qu’en réalité j’ai une très grande phobie des voitures (non feinte, demandez à n’importe qui m’ayant déjà prise en voiture)

On pourra dire donc, en guise de conclusion (on dirait vraiment un article construit !) que J.C. Ballard a contribué à mon façonnement intérieur. Aujourd’hui qu’il vient de disparaître, je me demande sincèrement si je devrai le lire, dépasser l’écran de cinéma pour me frotter à ses mots à lui.
Sauf que j’ai peur de ne pas l’apprécier. Un peu comme ne voulant pas vraiment découvrir Chuck Palahniuk alors que j’ai adoré Fight Club. Ca va être ma grande interrogation de la semaine.

07
avr
09

Le crapaud et les princesses

Quand on est gamine, les contes de fée nous apprennent que pour être une héroïne, il faut être triste et jolie et rencontrer un prince. Ou alors qu’il faut savoir magner la hache pour combattre ce salaud phallocrate de méchant loup. Puis quand on se rend compte qu’on s’est faite avoir parce qu’on a rien, mais vraiment rien, de la jolie princesse esseulée, on nous sort le fameux : mais en grandissant elle deviendra une beauté.
Si il y a des jeunettes de douze ans aux verres en cul de bouteille et aux appareils dentaires hyper visibles qui me lisent (ce dont je doute) je préviens tout de suite : c’est un gros bobard. Dans les films, ça marche : la fille moche va chez le coiffeur, met des vêtements cintrés et un peu de rouge à lèvre et hop ! C’est Michele Pfeiffer ! Dans la vie, la vraie, ça marche pas comme ça. Que dalle, nada, sauf si tu t’astreins à un régime de malade pendant des années et ce, dès le début de la fin de l’adolescence boutonneuse (vers 16 ans) : attention à ce que tu manges, crèmes de toutes les natures possibles, heure de torture dans des talons aiguilles. Et encore, faut la volonté, et franchement, celle-là non plus tu ne l’as pas forcément (ma soeur l’a, pas moi)

Bon alors j’exagère forcément. J’ai découvert que oui, un coup chez le coiffeur et un décolleté ou un petit talon (quand on a des mollets pour hein), ça change un peu le regard des mecs. Mais pas forcément quand on se trouve à côté du sosie de Nathalie Portman.
Ceci dit, quand on est un sale crapaud (très) râleur (et super pas objectif), il y a un truc qu’on fait, ou plutôt disons que j’ai fait moi : on se cherche des héroïnes à notre hauteur (à notre grandeur, parce que c’est bien connu que si les autres ne voient pas notre beauté intérieure à nous, c’est qu’ils sont aveugles… et de sales phallocrates aussi, forcément)

Voici donc mon top 4 des héroïnes qui arrachent sans que ce soit par leur bonnet de soutien-gorge !

4. Leia Skywalker

Bon ok, c’est une vraie princesse, elle est en détresse au début, et puis Carrie Fischer était très mignonne à 18 ans. Mais il lui faut trente secondes pour : se foutre de la gueule du prince, gueuler sur le pirate, marcher sur les pattes du side-kick, prendre une mitraillette en main et sauver tout le monde. Si c’est pas la classe ça.

3. Helen Ripley

Une fille normale, avec un job normal et complètement asexué, sans vraiment de charisme, et qui aime les chats. A sa place, je me serais flinguée, mais elle, elle a un foutu instinct de survie qui doit pas être donné à tout le monde. Et les princes, elle en a rien à faire : je me souviens plus si il y en a un dans le premier Alien, celui du 2 est un peu mis de côté (dommage…), celui du 3 n’est là quasiment que pour les besoins de la nature (et la métaphore). Et le 4… Y’a un Alien 4, vous êtes sûr ?

2. Sarah Connor

Je reste sur celle de Cameron (j’ai pas vu le troisième film et je ne compte pas voir la série, merci bien) Job de merde, vie moyenne, brushing années 80 raté, elle aussi elle rencontre un prince très momentané (un jour je ferai un post sur mes héros aussi) et se prend dans la gueule la fin du monde. Quand elle revient, elle est complètement névrosée, paranoïaque, et pas du tout à se laisser marcher sur les pieds. Un personnage complètement borderline et qui a monstrueusement bien évolué. Si un jour je vois la fin du monde, je veux être forte comme elle !

1. Adrian Balboa.

Elle est timide, elle sait pas parler, elle est moche au début, et d’une beauté toute relative (relativement commune on va dire) ensuite. Mais c’est la seule “princesse” (seule et triste, qui rencontre le prince et tout) en laquelle je me sois jamais reconnue. Si les souvenirs d’Adriaaaaaaaaan beuglés à la fin du premier film vous font rire, je vous conseille fortement de revoir le film (ou alors c’est qu’on n’a vraiment pas la même sensibilité)

Demain je vous fais une déclaration d’amour aux hommes du cinéma de genre (celui qui met une pouf dans chaque film juste pour le tee-shirt mouillé ou la scène à exciter les mecs) qui ont su (ou savent encore) faire des sacrées nénettes pas soumises pour un sou.
Je m’excuse de l’intérêt limitée et complètement bizarre de cette note, mais j’ai plein de raisons pour lesquelles écrire des articles trop profonds me fatigue rien que d’y penser.

27
mar
08

Mes cultes : Kentaro Miura, Berserk.

Comme pour ma dernière “chronique”, c’est l’actualité qui me fait parler aujourd’hui d’une des oeuvres qui sont en train de creuser un fort sillon en moi (en train parce que la série est loin d’être finie) Donc voilà, je viens de lire les deux derniers volumes parus, et comme l’histoire vient de finir un cycle, il me semble que c’est le bon moment pour en parler.

Attention, cet article contient des spoilers quant à la structure générale de l’histoire ! (désolée encore Delf)

Vous ne savez pas ce qu’est la dark fantasy si vous n’avez pas lu Berserk. Et même si ma culture en matière de dark fantasy est très limitée, je maintiens cette affirmation avec force. Et c’est bien simple : peu de lecteurs passeront les deux premiers volumes de ce manga qui va jusqu’au bout de ses ambitions. C’est gore, hyper violent, absolument non censuré, et amoral. De plus, le personnage principal ne soulève absolument aucune sympathie pendant ce prologue des plus directs.
Berserk suit l’histoire de Guts, mercenaire en des temps si troubles que la moindre parcelle de paix paraît illusoire. Le monde de Guts est celui d’une guerre de Cent Ans fantasmée, à mi-chemin entre le Moyen äge le plus obscur et les guerres de religions, depuis le massacre de la Saint Barthélémy et les grandes croisades. Nous sommes à l’aube d’un monothéisme barbare et intolérant, où des grandes puissances sacrifient les populations pour leur pouvoir. Mais Guts ne semblent avoir aucun intérêt pour ce qui se passe autour de lui. Il cherche, dans une quête sans fin, son ancien compagnon d’arme, l’ambigu et pétri de puissance Griffith.
Le prologue de Berserk suit donc les traces du mercenaire Guts, avant de laisser place au premier arc de l’épopée, L’Âge d’Or. On y apprend comment Guts y est né, du corps d’une femme pendue, comment il a été élevé, et comment il a fini soldat de la bande du Faucon, menée par Griffith. Cet arc s’achève avec la révélation de Griffith, et on entre alors avec l’Eclypse et L’Inquisition, l’arc le plus dur de la série. Alors que Guts cherche à se venger de Griffith, l’inquisition tue à tour de bras, soulevant les protestations du pauvre peuple, et affaiblissant les pouvoirs, jusqu’au retour du Faucon, un Griffith ressuscité et vengeur, protecteur.
La troisième partie, encore en cours et pour l’instant bien plus “légère”, nommée Naissance, voit la nouvelle armée de Griffith protéger les terres du Midland, alors que Guts, le guerrier noir, combat toujours ses démons et retrouve les sources du paganisme.
Il est très difficile de résumer Berserk (pensez, on en est au volume 24), et il est certain que la forme même du récit va rebuter la majorité des lecteurs.
Cependant c’est son côté jusqu’au-boutiste qui donne son intérêt à Berserk, montrant la barbarie telle qu’elle est. La violence extrême des hommes rend alors encore plus belle la gentillesse et l’innocence de quelques personnages qui se détachent alors des autres. Et alors que l’on pourrait s’attendre à faire face à des figures caricaturale, Berserk présente étonnamment des personnages certes torturés, mais à la psychologie bien plus profonde qu’on ne pourrait le croire.
J’aime aussi particulièrement le dessin (qui ne cesse de se parfaire au fil des volumes) : fouillé et détaillé, son réalisme permet les plus grandes exagérations, permettant de croire aux monstres (humains ou non) que l’on croise.
On retrouve dans Berserk de grandes figures de l’épopée fantasy, le guerrier solitaire, le chevalier, la vierge combattante (figure difforme et folle de Jeanne d’Arc), l’elfe (seule source d’humour pendant longtemps d’ailleurs), la guerrière… Et ils sont tous arrivés à m’émouvoir, tous autant qu’ils sont, malgré la violence et la noirceur de leur univers.
Les connaisseurs se régaleront des multiples références certainement voulues que l’auteur dissémine au fil des volumes. En tout cas, moi, j’y suis complètement accrochée.

19
mar
08

Mes cultes : Arthur C. Clarke, 2001 : A space Odyssey

N’ayant plus la tête à lire ou à aller voir de nouvelles choses en ce moment, je me tâtais pour ouvrir une rubrique sur les oeuvres multiples ayant construit mon petit monde culturel depuis 30 ans. L’actualité m’a rattrapée ce matin, et a précipité ma décision.

Il fut un temps, alors que les ouvrages imposés par les cours de français m’ennuyaient passablement, où je voulais, à tout prix, avoir une super culture en littérature de science-fiction. Malheureusement, je n’ai tenu qu’une dizaine de pages pour Isaac Asimov, dont la prose m’a paru complètement inaccessible.
Je me suis alors tournée vers des auteurs aussi différents que  Frank Herbert (Dune), H.G. Wells (La Machine à voyager dans le temps) et Philip K. Dick (Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?) Et si les embriglios politico-familiaux de Dune m’ont lassée, Wells et Dick ont gravé en moi très fort goût pour les machines, les vieilleries, les robots, le steampunk et le cyberpunk, et l’inverse.
Et puis il y a eu 2001 : l’Odyssée de l’espace. J’ai découvert Dick et Wells grâce au cinéma. Pareil pour Clarke. Et plus que des outils, des formes ou des thèmes, 2001… m’a fait découvrir le mysticisme dans la science-fiction, tout en introduisant l’idée d’extra-terrestres supérieurs, plus avancés technologiquement et intellectuellement, décidant du sort de l’humanité comme on décide de la finalité d’une expérience scientifique.
Je ne pourrai décrire l’histoire de ce livre, car je sais que je confonds, dans ma mémoire, livre et film. Ce dont je me souviens, c’est des multiples questionnements qu’a soulevé en moi la fin du livre. Les interrogations que j’avais eu pendant le film, j’en cherchais les réponses dans le livre, et j’en ai tiré une immense satisfaction de lectrice, à défaut d’y trouver vraiment des réponses.
2001… a également permis l’existence d’un des personnages les plus intéressants et presque émouvants de la littérature de science-fiction, HAL.
Je n’ai jamais relu les livres de la quadrilogie de l’Odyssée de l’espace, mais j’en garde un excellent souvenir.

Arthur C. Clarke (1917-2008) : article wikipedia




a

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