Fraizochocolat

février 18, 2008

Peur[s] du Noir, Etienne Robial [dir.]

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Peur(s) du NoirSous la direction d’Etienne Robial, graphiste bien connu, une dizaine d’auteurs mettent en scène les peurs, en quelques courts-métrages d’animation.
La peur n’est pas l’unique point commun de ces petits films : ils sont également tous en noir et blanc, la seule couleur se faisant une place dans l’un d’eux étant un rouge des plus sanguins.
Pour le reste, formes, sujets et narrations sont très divers, ce qui aboutit à une compilation des plus diversifiées.
Le gros défaut de ce genre de film est finalement qu’on ne peut adhérer à l’ensemble de la production. J’avoue même m’être ennuyée pendant une partie du film. Cela était sans doute du à deux problèmes : le fait que je m’attendais à un film horrifique, alors que les courts sont surtout des illustrations de peurs, qui n’effraient eux-mêmes pas vraiment ; et le problème du doublage du second métrage (une raison de plus pour moi de ne vraiment pas aimer Aure Atika, j’ai détesté ce doublage)
Mais Peur[s] du Noir recèle des bijoux.
- Le court-métrage de Blutch, par sa forme (des crayonnés), sa cruauté, son cynisme ;
- Celui de Marie Caillou, qui revisite tout en nuance les contes horrifiques japonais ;
- Celui de Lorenzo Mattoti, un conte moite, lourd, porté par la voix magnifique d’Arthur H (mon gros coup de coeur)

En résumé, Peur[s] du Noir est bon exercice de style, dont il est malheureusement aisé de rester détacher. Je pense que c’est quitte ou double : on aime ou on déteste. Moins snob et “in” qu’Animatrix, je le rapprocherai plus des courts Memories dont je parlerai sans doute dans quelques temps. Ceci dit, si vous avez la chance qu’il passe près de chez vous (j’ai du aller dans une minuscule salle arts et essais pour le voir), laissez-vous tenter !

Peur[s] du Noir dispose d’un joli site officiel.

janvier 28, 2008

Films vus en 2008

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Au cinéma et à la télé.

001. Into the wild, Sean Penn. 5/5
002. Sweeney Todd, Tim Burton. 3/5 (demande un second visionnage)
003. L’Auberge Espagnole, Cédric Klapish. 4/5
004. Les Poupées russes, Cédric Klapish. 2,5/5
005. The Life Aquatic with Steve Zissou, Wes Anderson. 4,5/5
006. Kekkon Kinkreet, Michael Arias. 5/5
007. Les Infiltrés, Martin Scorsese. 4/5
008. Peur[s] du Noir, Etienne Robial [dir]. 3,5/5
009. Le Royaume des Chats, Hiroyuki Morita. 4/5
010. La Traversée du Temps, Mamoru Hosoda. 5/5
011. Shark Attack 3, Megalodon, David Worth. 0,5/5
012. Be Kind, Rewind, de Michel Gondry. 5/5
013. 3h10 pour Yuma. 5/5
014. Meurtre à Oxford. 2,5/5
015. Princess Bride, de Rob Reiner. 4,5/5
016. Mosquito, de Gary Jones. 3/5 (pour le genre, un chef d’oeuvre)
017. Prey, de Darell Roodt. 0/5
018. 28 Jours plus tard, de Danny Boyle. 5/5
019. Enchanted, de Kevin Lima. 4/5
020. This is England, de Shane Meadows. 4,5/5
021. Bringing down the house, de Adam Shankman. 2,5/5
022. Iron Man, de Jon Favreau. 4/5
023. Darjeeling Limited, de Wes Anderson. 4/5

janvier 11, 2008

Into the wild, Sean Penn.

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Into the wild

Donc, en ce moment, j’ai du mal à lire, mais, après trois mois où ma carte de ciné n’a servi qu’à engraisser un grand centre de cinéma sans que j’en profite, je suis retournée en salle obscure !
J’ai donc jeté mon dévolu sur le dernier film de Sean « Président du jury de Cannes » Penn. Et de Sean Penn, on va dire que je ne connais que Tim Robbins et Clint Eastwood, c’est-à-dire que j’ai vu quelques films de l’acteur, et que je connais plus ou moins son engagement politique. Into the wild a donc été une plongée sans préavis dans l’univers du cinéaste. Et quelle plongée…

Christopher est un étudiant bien sous tout rapport. Elevé dans une famille parfaite, papa, maman, la sœur et peut-être même le chien, Christopher est un plus pur produit des années Reagan et Bush. Il a tout pour lui, et finira sans doute en executive man bourgeois. Sauf que Christopher refuse tout cela.
Le lendemain de l’obtention de son diplôme, il brûle ses papiers, coupe ses cartes, fait don de ses économies, et part. Sa destination ? L’Alaska, pays des récits de Jack London, un de ses héros. Pour y parvenir, Christopher traversera plusieurs états, plusieurs pays même, fera des détours, rencontrera des personnages tous plus différents les uns que les autres mais tous des solitaires, comme lui. Et quand il y parviendra, et se retrouvera seul, coupé du monde, dans un bus abandonné qui sera son seul refuge au milieu de rien, que trouvera-t-il ?

Into the Wild se décompose en multiples tableaux, rythmés par une musique country lancinante qui achève de faire du film, en plus de ses paysages, un produit totalement américain. Mais dans les Etats-Unis que Christopher, il n’y a plus de terrain à conquérir, et la solitude semble une destination impossible à atteindre.
Partagé entre la vie de Christopher (surnommé Alexander Supertramp, le vagabond) en Alaska, et son parcours, Into the Wild amène le spectateur à s’interroger sur les motivations de son personnage principal.
Est-il naïf ? Délivre-t-il un message d’une pureté magnifique ? Ou n’est-ce qu’un « petit con » qui croit en une hypothétique et impossible harmonie entre l’homme et la nature ?
A certains moments, ses professions de foi, accordées aux magnifiques paysages sauvages qu’il traverse, font croire à son rêve. Et puis on s’interroge : le monde parfait de Christopher n’existe pas, ce n’est pas possible. Il fonce dans le mur.
Le voyage de Christopher est également initiatique, et chapitré comme tel : naissance, adolescence, âge adulte, sagesse. A chaque étape, des épreuves, et des personnes à rencontrer et à aimer : une mère hippie, un père paysan, un vieillard aussi désespérément seul que lui.
Mais Christopher continue à marcher, à fuir. Arrivera-t-il à se rendre compte que l’on ne peut jamais vivre sans les autres et que la solitude nous enferme ? On aimerait quelque fois lui crier d’arrêter…

Into the Wild est un film magistral. Visuellement magnifique, il va bien plus loin que le voyage de carte postale. Les paysages, immenses, permettent de revenir à soi, de s’interroger sur son propre rapport à la nature et, surtout, aux autres.
Le visage très poupin et relativement lisse de l’acteur principal rend l’abstraction d’autant plus aisée. Il faut des personnages lisses pour pouvoir voir au travers.

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